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« Tout flotte dans la maison, on a tout perdu » : à Pontorson, des dizaines de maisons évacuées à cause des inondations... |
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Vendredi 20 février 2026, plusieurs quartiers de Pontorson (Manche) se sont retrouvés complètement recouverts d’eau. Des dizaines de maisons ont dû être évacuées. © Thomas Bregardis/Ouest France
Vendredi 20 février 2026, plusieurs quartiers de Pontorson (Manche) se sont retrouvés complètement recouverts d’eau. Des dizaines de maisons ont dû être évacuées.
Certains ont les bottes aux pieds, d’autres sont en chaussons, une valise à la main. À Pontorson (Manche), l’eau est encore bien montée dans la nuit du 19 au 20 février 2026, venant inonder plusieurs quartiers de ville qui bordent le Couesnon. Les grandes marées obligent à fermer le barrage deux heures et demie le matin et le soir et le Couesnon qui amène de l’eau de Fougère
, indique André-Jean Belloir, maire, pour expliquer que le fleuve soit sorti de son lit et que l’eau ne s’écoule plus.
« Ça me fait mal au cœur de quitter ma maison »
Depuis ce matin, on s’organise pour évacuer les personnes dont les maisons sont inondées. À certains endroits, il y a plus d’un mètre d’eau.
Les élus, les services de la Ville, les pompiers, les riverains et des entreprises sont sur le pont. Certains ont sorti les bateaux pneumatiques ou les canoës pour venir en aide aux habitants.
Les entreprises du bâtiment participent également avec des engins de chantier et transportent des riverains à bord des nacelles. On nous demande d’aider alors on aide
, explique un homme en tenue de pêcheur, tirant un bateau pneumatique.

Au bout de la rue du Port, certains habitants essayent d’enlever l’eau de leur maison. Thomas Bregardis/Ouest France

Les secours ont été déployés pour évacuer les habitants. Thomas Bregardis/Ouest France
« On n’a jamais eu autant d’eau »
C’est ainsi que Patricia Seguin a pu sortir de chez elle. Quand mon fils est venu chez moi à 22 h, mon jardin était complètement inondé. Dans la nuit, l’eau a pris beaucoup d’ampleur et vers 3 h du matin, ma maison était inondée. Je ne pouvais plus descendre ni accéder à ma cuisine
, retrace-t-elle. C’est déjà arrivé en 1995 et 1999 mais on n’a jamais eu autant d’eau. Ça me fait mal au cœur de quitter ma maison.
Munie d’une petite valise, elle a pris l’essentiel pour être relogée chez son fils pour quelques jours.
« On ne sait pas combien de temps ça va durer »
Elle n’est pas la seule à avoir dû quitter précipitamment son domicile. J’ai pris mes cadres photos, de l’argent, des habits et quelques nounours de mes enfants
, décrit une habitante de la rue des Celtes. Dans la maison, on a de l’eau jusqu’au milieu du buste. Ça remontait de partout, par les bouches, par les toilettes… Tout flottait dans la maison, la table basse, le parquet… Je n’ai plus rien, on a tout perdu.
Les résidences Les Couesnons se font aussi évacuer petit à petit, même si l’eau ne monte qu’au rez-de-chaussée, dans les parties communes. J’ai décidé de partir parce qu’on ne sait pas combien de temps ça va durer
, raconte Alexandre Trocmé, un résident. Il y a de l’électricité pour le moment mais plus de chauffage ni d’eau chaude.

Des dizaines de maisons ont dû être évacuées. Certaines ont plus d’un mètre d’eau à l’intérieur. Thomas Bregardis/Ouest France
« Où est-ce que je vais aller ? »
Après l’évacuation, place pour certains habitants à la crainte de ne pas trouver de logement d’appoint. Au milieu des valises et des animaux de compagnie, nombreux sont ceux à essayer de joindre leur assurance pour trouver une solution. Où est-ce que je vais aller ?
s’inquiète une personne âgée, en larmes. L’assurance me propose un hôtel à Avranches mais je n’ai plus de voiture pour aller jusqu’à là-bas
, s’agace un autre.
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