Des gueules marquées par les combats, des estafilades qui saignent encore, des guêtres maculées de boue, des calots fatigués dont la visière masque le regard… Nous sommes en 1870, au soir d'une bataille entre Prussiens et Français. Un caporal s'est éloigné de son armée avec trois hommes pour faire halte dans un château désert.
Mais c'est du cinéma. L'un des soldats, en attendant le "moteur!", consulte son smartphone dont la lumière bleutée détonne dans l'éclairage aux bougies. Des fils électriques sillonnent le dallage et l'employé communal, venu ouvrir les portes du château, patiente dans un coin.
C'est la petite équipe du réalisateur caennais Fabien Drugeon, auteur de Guillaume, la jeunesse du Conquérant, qui a pris ses quartiers au Bourg-Saint-Léonard. Après l'épopée médiévale en Normandie, Fabien Drugeon s'intéresse à l'univers de la guerre de 1870. "Elle a été complètement occultée, au cinéma, par les conquêtes napoléoniennes et la guerre de 14-18", estime-t-il.
Ce court-métrage, en préparation depuis six mois, est le prélude à une œuvre de plus grande envergure. Il sera montré, en premier lieu, dans des festivals de cinéma.