|
« Contre la hausse des “cotisations santé”, une seule solution : le 100 % sécu »... |
1
Le budget de la Sécurité sociale 2026 prévoit un gel des tarifs des complémentaires santé en 2026. Problème : les assureurs contestent et les appels de mensualités ont déjà été envoyés aux clients. © Marc Ollivier/Ouest-France
Courrier des lectrices et des lecteurs. « Les financements de la santé via les organismes complémentaires engendrent des inégalités sociales et des barrières financières à l’accès aux soins supportés principalement par les personnes âgées et les foyers les plus précaires. »
Dans le cadre de notre rubrique « Courrier des lectrices et des lecteurs », Michel Fourmont (Ille-et-Vilaine) réagit à la hausse des cotisations sur les complémentaires santé :
« La demande du gel des “cotisations santé” (article paru dans Ouest-France le 9 février 2026) par des assurés excédés par la hausse des cotisations est compréhensible et générale. Il faut toutefois bien préciser qu’il s’agit des cotisations aux organismes complémentaires en matière de santé et non des cotisations sociales réservées à la Sécurité sociale qui elles n’évoluent pas… ou à la baisse compte tenu de différents dispositifs d’exonération mis en œuvre ces dernières années.
Lire aussi : « De nouveaux records pour les seniors » : les retraités payent de plus en plus cher leur couverture santé
Le financement de la Sécurité sociale repose sur un principe de solidarité : chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins. Le financement des « assurances santé » complémentaires détenues par des entreprises privées à but lucratif ou d’anciennes mutuelles (qui n’ont plus de mutuelles que le nom) repose sur deux principes exactement contraires : plus vous présentez un risque, plus vous allez payer cher ; plus vous êtes riches, plus vous pourrez vous payer une meilleure couverture complémentaire santé.
Les financements de la santé via les organismes complémentaires engendrent ainsi des inégalités sociales et des barrières financières à l’accès aux soins supportés principalement par les personnes âgées et les foyers les plus précaires.
Les frais de fonctionnement de ces organismes complémentaires sont exorbitants (19 % pour ma complémentaire santé, contre 5 % pour la Sécurité sociale). Enfin, la généralisation du principe des Protections sociales complémentaires obligatoires au secteur public achève de mettre un terme à la solidarité transgénérationnelle puisque les retraités en sont exclus - ou à des tarifs exorbitants qui provoquent la colère actuelle.
Plusieurs analyses comparatives* ont démontré que l’Assurance maladie obligatoire publique est plus efficiente économiquement, socialement redistributive et capable de garantir un meilleur accès aux soins pour tous. L’instauration d’une prise en charge des soins à 100 % par la Sécurité sociale via l’intégration dans son budget des “cotisations santé” serait ainsi une avancée en matière de santé publique et source d’économie pour la Sécu (évaluée à 5 milliards).
Ce principe du 100 % sécu est d’ailleurs appliqué en Alsace. Il faut l’étendre à l’ensemble du territoire. »
* Lire notamment le rapport de la Cour des comptes, de juin 2021, intitulé « Les complémentaires santé, un système très protecteur mais peu efficient », ou bien encore un rapport du Haut Comité sur l’avenir de l’Assurance Maladie (HCAAM) de 2022.