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« Je vois mon ami au sol, le crâne ensanglanté » : condamné pour un coup de marteau, dans l’Orne... |
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Le juge n’a pas cru les explications du prévenu et l’a condamné à quatre mois de prison avec sursis. © Archives Ouest-France
Après une journée à s’alcooliser, un homme de 44 ans avait frappé son ami d’un coup de marteau, à Sées (Orne), le 30 octobre 2024. Le tribunal d’Alençon l’a condamné mardi 11 février 2025.
Le juge Hugo Rialland avoue son étonnement devant le prévenu : l’homme n’a pas le profil des personnes habituellement jugées au tribunal d’Alençon (Orne) pour des faits aussi graves. On parle d’un coup de marteau, donné par un primo-délinquant, parfaitement inséré dans la société, sur le crâne de son meilleur ami. Et la raison demeure inconnue.
Les deux hommes sont « amis depuis vingt-cinq ans », explique à la barre du tribunal le prévenu, âgé de 44 ans. Et cela fait vingt-cinq ans qu’il a « un gros problème d’alcool ». Ce jour-là, le 30 octobre 2024 ils se réunissent à Sées, tous les deux, pour picoler une bouteille de Ricard d’1,5 litre. Ses souvenirs deviennent flous « à partir de 19 h ».
« Il aurait pu jouer à la majorette »
« Je me souviens d’un flash et de voir mon ami au sol, avec le crâne ensanglanté. » Il est entre 1 h et 2 h du matin. L’homme appelle les secours. Mais a quand même le réflexe de cacher un marteau : il sait que son ami a été blessé avec cette arme.
En garde à vue, il reconnaît d’abord être l’auteur du coup. Mais devant le juge d’Alençon, il se ravise, estimant avoir parlé « sous pression ». Il avance n’avoir aucune certitude d’être responsable de cette blessure : son ami « aurait tout aussi bien pu jouer à la majorette et le marteau lui est tombé sur la tête. » Pour lui occasionner une blessure importante et trois jours d’incapacité totale de travail.
« Bonne chance pour l’audience »
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« Vous ne m’avez pas convaincu », lui répond, après délibération, le juge. Il est condamné à quatre mois de prison avec sursis. Les deux hommes sont néanmoins restés copains, selon le prévenu : « Mon ami va très bien, je l’ai eu au téléphone hier et il m’a souhaité bonne chance pour l’audience. »