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« Lucky Luke » : dans la nouvelle série Disney+, le cow-boy baisse la garde... |
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Alban Lenoir devient Lucky Luke pour Disney+. © Tous droits réservés - ©Paul Vallespi
Le héros de la bande dessinée imaginée par Morris il y a quatre-vingts ans reprend vie dans une nouvelle série inégale lancée sur Disney+ ce lundi 23 mars 2026, avec Alban Lenoir dans le rôle-titre.
C’est sans l’ombre d’un doute l’un des héros les plus célèbres de la BD franco-belge. Lucky Luke compte plus de 80 albums depuis sa création par Morris en 1946 : de quoi inspirer (sans grand succès) des adaptations en prise de vue réelle. Après le blond Terence Hill en 1991, le flop des Daltons en 2004 et l’accueil mitigé pour Jean Dujardin en 2009, pas facile de viser en plein dans le mille. Les admirateurs du justicier de l’Ouest veillent…
Ce lundi, la plateforme Disney+, en collaboration avec France Télévisions, s’y essaie. Dans ce nouveau Lucky Luke, le cow-boy fait la rencontre de Louise, une adolescente forte tête à la recherche de sa mère Charlie, mystérieusement disparue. Il accepte de lui prêter main-forte dans sa quête. Écrite par Mathieu Leblanc et Thomas Mansuy (Panda, Belphégor …) et réalisée par Benjamin Rocher, cette série est « en hommage à Morris et Goscinny », précise d’emblée le générique. Si l’intrigue principale est toute nouvelle, des épisodes sont inspirés directement de certains albums ( Lucky Luke contre Josse Jamon ou Le Juge).
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« Renouveler un peu le genre »
Alban Lenoir (Balle Perdue) incarne sans trop en faire la fameuse fine gâchette, mais plus vulnérable, hantée par son passé. « J e me suis vite libéré des attentes avant de commencer à tourner , précise l’acteur, également coproducteur. Je pense que sinon, je n’aurais pas pu accepter le rôle, ça m’aurait mis trop de pression de vouloir plaire à tout le monde. Je me suis tenu à la vision du réalisateur, des scénaristes. » Au côté de ce Lucky Luke, Louise (l’énergique et appliquée Billie Blain) vient perturber les habitudes du solitaire endurci. « Sans être un reboot (une nouvelle version, ndlr), l’idée n’était pas non plus de s’accrocher à tout prix à ce qu’était la BD, confie Alban Lenoir. C’était important de renouveler un peu le genre. On ne trahit en aucun cas l’hommage à Morris. »
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La revisite moderne s’invite notamment dans le choix de personnages féminins forts, inédits ou déjà existants, et les dialogues. La tonalité réaliste est séduisante. Costumes, décors authentiques (le désert espagnol de Tabernas, lieu de tournage d’Il était une fois dans l’Ouest, Pour une poignée de dollars, Le Bon, la brute et le truand…) et musique immersive : pas de doute, on sent le western. À ce genre, se mêlent aventure, action, enquête, flash-back introspectifs et comédie familiale. Côté humour, les gags ne sont pas mauvais en soi, mais malheureusement, le timing comique tombe souvent à plat. Le fil de l’histoire, fouillée, est aussi alourdi par les explications à rallonge ou des répétitions. Pour que le téléspectateur ne s’y perde pas ? On perd alors grandement en fluidité et en rythme. Parmi les nombreux personnages qui vont et viennent, certains tirent bien leur épingle du jeu, comme Jérôme Niel, en Joe Dalton très nerveux mais touchant, et Camille Chamoux, droite dans ses bottes de Calamity Jane.
Disponible sur Disney+, et plus tard sur France Télévisions.