|
« Un smartphone, c’est une véritable bombe qu’on donne à nos enfants » : le cyberharcèlement décrypté à Flers... |
1
Pour la psychologue Émilie Breteau, le cyberharcèlement mène à la dépression et aux troubles anxieux. © Ouest-France
Le mardi 31 mars 2026, une soirée d’information sur le cyberharcèlement et les dangers d’Internet a eu lieu dans l’amphithéâtre du lycée Saint-Thomas d’Aquin, à Flers (Orne). L’objectif était de comprendre les mécanismes du cyberharcèlement et de prendre connaissance des outils.
Plusieurs intervenants ont témoigné de leur expérience sur le fléau du cyberharcèlement, mardi soir, au lycée Saint-Thomas d’Aquin. À commencer par Claire Resneau, mère de victime : « Ce n’est pas simple pour mon fils de parler de ce qu’il a vécu. Aujourd’hui, il a 22 ans et, heureusement pour lui, lorsqu’il a vécu le harcèlement, la dimension cyber n’était pas encore présente. Cela a commencé au CP par de l’isolement car mon fils a du mal à interagir. Il était dans une classe multiniveaux dans laquelle un garçon a pris le lead. Ce garçon a dit aux autres de ne pas jouer avec mon fils ni de lui parler. Malgré mes sollicitations auprès de la directrice et des parents, rien n’a été fait. »
Une scène filmée et diffusée
Pour le fils de Claire Resneau, le collège semble s’être bien déroulé malgré un événement personnel. « C’est grâce à un copain qu’il avait à l’époque et qu’il a toujours aujourd’hui. Il l’a soutenu et ça lui a permis d’encaisser les moqueries. Puis viendra le lycée où mon fils nourrit plein d’espoir mais au bout de quinze jours, un élève lui renverse volontairement une canette devant tout le monde. La scène a été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux. Quelques semaines plus tard, l’infirmière du lycée a constaté des scarifications après cet épisode humiliant. En discutant avec mon fils, il finit par m’avouer qu’en retour de cet épisode, il a cassé la figure de l’élève qui lui a fait ça. Il ne voulait pas que ça continue comme avant, au CP. »
Lire aussi : Cyberharcèlement chez les 8-18 ans : une famille sur quatre déclare y avoir déjà été confrontée
Le fils de Claire Resneau « a obtenu un baccalauréat et a ambitionné d’obtenir un BTS mais dès la rentrée, une professeure a fait une remarque sur l’âge. Mon fils l’a pris pour lui et est retombé dans ses travers suicidaires et de scarifications. » Pour Claire Resneau, « le harcèlement a toujours existé y compris dans le milieu professionnel mais il faut considérer sa dimension cyber. Il faut être vigilant avant de donner un smartphone à nos enfants car c’est une véritable bombe. »
Des intimidations répétées
Pour Émilie Breteau, psychologue pour enfants, « Le cyberharcèlement se constitue de menaces, d’intimidations répétées ainsi que de diffusion d’images, de photos, de messages en ligne sans consentement. Sur le plan psychologique, les jeunes sont plus impactés par un regard porté sur eux car ils ne savent pas encore qui ils sont. Ils sont vulnérables. C’est en ça que le cyberharcèlement fait beaucoup de ravages. Le cyberharcèlement mène à la dépression, aux phobies scolaires et à des troubles anxieux. »