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Difficile de déloger les étourneaux de Courteille1 |
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Tous les soirs, comme dans d'autres villes, les étourneaux arrivent en masse dans le quartier de Courteille. © Archives Béatrice Le Grand
À la nuit tombée, les bruyants volatiles regagnent leur dortoir. Les services de la ville essaient par différents moyens de les faire partir. Sans beaucoup de succès.
Il faut se faire à l'évidence, les étourneaux se plaisent à Courteille. Depuis déjà pas mal d'années, ils investissent le quartier, à la tombée de la nuit. Ils y ont installé leur dortoir, appréciant ses barres d'immeubles et ses grands arbres. S'ils n'étaient que quelques dizaines, ils ne dérangeraient pas grand'monde mais là ils débarquent par milliers. Empoisonnant la vie de certains riverains.
« Moi, j'habite rue Claude-Bernard, raconte Jacky. En ce moment, ils arrivent vers 18 h, ils repartent vers 7 h. Ils piaillent toute la nuit. C'est infernal, on aimerait bien pouvoir dormir. Ils salissent tout, les murs, les fenêtres, les trottoirs, les autos. Tous les jours, je suis obligé de nettoyer ma voiture, c'est 4 € à chaque fois. On est obligé de le faire, sinon ça abîme les peintures. Faites le compte pour un mois. »
« D'habitude, poursuit Jacky, on ne les voit que de juin à octobre-novembre mais, cette année, je ne sais pas pourquoi ils ont aussi pris leurs quartiers d'hiver à Courteille. »
La ville ne sait plus trop quoi faire. Cet été, comme d'autres fois, une sono a diffusé haut et fort le cri d'un geai apeuré. « Cela a eu un effet sur le moment mais les étourneaux forcément reviennent tôt ou tard, constate Jean-Michel Pichard, responsable des espaces verts de la ville. Et ce cri plutôt désagréable exaspère pas mal d'habitants. »
Cette semaine, la municipalité a mis en place une nouvelle technique. Elle a installé dans des conifères des guirlandes de petites ampoules qui clignotent toute la nuit. « Nous avons eu un petit résultat. Nous allons continuer en début de semaine prochaine. »
Jacky et un ami s'en amusent : « Les étourneaux sont contents, ils croient que c'est Noël, ils attendent les cadeaux. » Ils reconnaissent néanmoins que « ce n'est pas facile de les faire partir. »
D'autres villes ont essayé d'autres moyens : la pose de filets sur les arbres, des tirs au fusil laser, l'appel à des fauconniers mais les faucons ne chassent plus une fois la nuit tombée.
Bref rien n'est vraiment efficace pour se débarrasser des étourneaux.
« Ils s'installent là où ils se sentent bien, résume Jean-Claude Pottier, membre de l'Association faune et flore de l'Orne. On a détruit leur habitat à la campagne, ils s'installent forcément en ville. À moins de reconstituer le bocage dans la plaine d'Alençon, je ne vois guère de solution. » Comme ce n'est pas à l'ordre du jour, les habitants de Courteille vont devoir cohabiter encore un certain temps avec les étourneaux.