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L'architecte en chef s'en va dans la Sarthe... |
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Nicolas Gautier quittera son bureau ornais à la fin du mois de juin. Il occupera la même fonction mais dans la Sarthe.
Il oeuvrait dans le département depuis 1990. Nicolas Gautier, architecte des Bâtiments de France, prend la direction de la Sarthe. Retour sur une carrière ornaise.
L'Orne, ce fut son deuxième poste. Le premier, Nicolas Gautier, l'obtient dans la Meuse. Il venait d'être reçu major au concours d'architectes des Bâtiments de France. « C'était le seul poste de chef de service qui était libre. » Il reste trois ans dans « ce territoire totalement méconnu, mais tellement attachant. » Trois ans plus tard, il quitte Bar-le-Duc, satisfait d'avoir redonné ses couleurs de jadis à une ville qui était devenue grise. « Je suis très fier d'avoir contribué à cet embellissement. »
Fin 90, il apprend que le poste d'Alençon est vacant. Il se porte candidat. « Je savais où je mettais les pieds. Mon père était originaire de Fresnaye-sur-Sarthe. Je m'y suis tellement plu que, voyez, j'y suis resté 18 ans. »
Exigeant et enthousiaste
Nicolas Gautier s'est passionné pour ce département riche de terroirs différents comme le Perche, le pays d'Ouche, le pays d'Auge, le Houlme, le bocage, les plaines d'Argentan et d'Alençon... « Ça fait des territoires très différents et une architecture qui l'est tout autant. »
Il aura mis en oeuvre dix zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager. « Au départ, il faut fixer des règles. » Nicolas Gautier revendique volontiers une grande exigence en affirmant qu'il est payé pour ça. « C'est plus simple de ne pas contrarier les gens. » Il ajoute que les règles servent à exprimer le départ de quelque chose. Derrière la rigueur, il y a chez lui un grand enthousiasme. « L'architecte des bâtiments de France est là pour aider à comprendre, pour apporter de la connaissance. J'aime bien participer à un projet de ville, à un projet de vie. Je me considère comme un catalyseur. »
On retiendra, entre autres, qu'il aura remis en valeur les enduits ornais « et leurs particularités locales. » Qu'il aura aussi oeuvré sur Alençon à une action de qualité urbaine et de dynamique commerciale.
Le 1er juillet, à 51 ans, il va prendre la direction de la Sarthe, le département voisin où il avait plutôt « l'intention de ne point aller mais quand un préfet vous sollicite (1), c'est difficile de refuser. Je me suis senti honoré. »
Honoré, il l'a été aussi, mercredi, dans les locaux de la préfecture de l'Orne. Michel Lafon a rendu hommage à un architecte « bouillonnant, flamboyant qui a su faire partager sa passion. La trace que vous laissez est profonde. »
(1) C'est Michel Camux, ancien préfet de l'Orne, qui lui a demandé de venir dans la Sarthe.