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Un hommage à l'aviateur américain tué en 1944... |
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Le capitaine Johnson est mort à 23 ans. Il laissait derrière lui, entre autres, une femme et un enfant. Ci-dessus, un avion Thunderbolt, du type de celui dans lequel il a trouvé la mort.
Le capitaine William E. Johnson a été abattu en 1944. Il sera honoré par le village de Corubert, lundi prochain. Le fils du pilote sera présent.
Il avait 23 ans le 10 avril 1944. Les alliés préparaient le « D Day ». Pour tromper l'ennemi, ils tentaient de lui faire croire que l'opération se situerait sur terre. Des bombardements étaient menés sur les sites stratégiques allemands. Le capitaine Johnson faisait partie d'une escorte de quatre avions placés en protection des bombardiers.
« Il était 11 h du matin. La visibilité était excellente, ont raconté les compagnons du pilote. L'escorte volait à 2 000 pieds. Le jeune lieutenant (il avait ce grade à l'époque) était aux commandes de son Thunderbolt et se tenait en première position quand des chasseurs allemands les ont attaqués. Pour contrer l'attaque des Messerschmit, le pilote a piqué sur l'escadrille des avions allemands, suivi par les trois autres avions ».
Les compagnons du pilote américain sont ensuite retournés se positionner près des bombardiers. C'est là qu'ils ont aperçu un parachute. À leur arrivée à leur base, William E. Johnson était porté manquant.
La petite commune de Corubert (près de Nocé), qui compte actuellement 250 habitants, était alors occupée par une vingtaine d'Allemands de la Wehrmacht. Ils venaient chercher de la nourriture chez les habitants. « À cette époque, explique Guy Verney, maire de Colonard-Corubert, il n'était vraiment pas indiqué de porter secours à l'armée anglaise ou américaine. Un avis stipulait que quiconque passait outre à cette interdiction était puni de mort ».
Drapeau US sur le site
Lorsque deux habitants de Corubert se sont rendus sur les lieux du crash, ils ont vu le parachute. Mais le pilote n'avait pas réussi à s'extraire de la carlingue. À l'arrivée des Allemands, les témoins ont dû s'enfuir. Les Allemands ont emporté le corps qui a d'abord été inhumé à Chartres, puis en 1949 à Olean, une ville proche de New York.
Le fils du pilote, son neveu et leurs deux épouses seront présents le lundi 11 juin. Ils seront pris en charge par l'association normande du Souvenir français. Celle-ci a participé aux recherches en découvrant lors de fouilles, dans ce qui est maintenant un champ de blé, des débris d'avion avec des numéros de série. Un drapeau américain sera dressé sur le site.
« La France doit être reconnaissante », commente Guy Verney qui regrette que la date choisie n'ait pas été plus proche du jour anniversaire du crash. « Toutefois, tous les habitants de la commune sont conviés à la cérémonie au cours de laquelle une plaque sera apposée sur le mur de l'église. J'ai convié aussi les élèves de CM1 et CM 2 du pôle scolaire de Nocé. Nos enfants doivent comprendre que, sans les Alliés, nous ne serions peut-être pas libres... »
De leur côté, Monique et Pierre Braquet, propriétaires du château de Saint-Hilaire-des-Noyers auquel les terres appartenaient en 1944, ont décidé d'offrir un vin d'honneur dans leur château. Il se trouve que Pierre Braquet est citoyen d'honneur à vie des États-Unis pour services rendus...