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À Ceton les nouveaux panneaux indicateursqui ne font pas l’unanimité... |
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Les nouveaux panneaux de voies, bleus, se superposent aux panneaux des lieux-dits, blancs. © Ouest-France
De nombreuses communes rurales comme Ceton (Orne) ont dû mettre en place un adressage plus précis afin de se conformer à la loi 3 » (2022). De nouveaux panneaux ont ainsi fleuri récemment un peu partout dans la commune, parfois à la surprise des habitants, pas tous convaincus par ces changements.
Autrefois, dans les villages, il était possible d’habiter un lieu-dit sans numéro. Désormais, chaque maison doit disposer d’un nom de voie et d’un numéro rattaché, enregistrés dans une base nationale. La loi nous y oblige : les voies ont donc dû être nommées, notamment en campagne où les lieux-dits n’étaient rattachés à rien. Le plus souvent, nous avons repris le nom du lieu-dit existant
, explique Agnès Jandot, adjointe au maire de Ceton.
Mais dans certains cas, de nouveau noms de voies ont été trouvés, « afin d’éviter les confusions, plusieurs noms de lieux-dits étant présents en doublon dans la commune (exemples : « La Poissonnière », « Les Noyers », « Les Rieux », « Bel Air…). Pour l’instant, le nom de la voie et celui du lieu-dit sont inscrits tous les deux dans la base adresse nationale. »
L’arrivée de la fibre optique
C’est l’argument technique majeur. Pour installer la fibre, les opérateurs ont besoin de coordonnées GPS extrêmement précises. Sans adresse normalisée
(un nom de voie plus un numéro), il est administrativement impossible de créer une ligne de téléphone ou d’internet moderne.
Sécurité et livraisons
Le panneautage répond d’abord à un principe de précaution. Dans les zones rurales ou les zones blanches, les GPS des secours peuvent parfois être imprécis. Un nom de voie clair et un numéro — souvent métrique
, correspondant à la distance en mètres depuis le début du chemin — permettent alors de gagner de précieuses minutes lors d’une intervention. Ce nouvel adressage améliore aussi la précision cartographique et facilite le travail des livreurs, à l’heure du boom de l’e-commerce.
« C’est moche, ça se dévisse ? »
Si la loi impose de nommer les voies, elle n’oblige pas explicitement à installer des panneaux physiques ni n’en précise l’esthétique. À Ceton, leur apparition suscite des critiques chez certains riverains. Ce qui me choque, c’est l’aspect administratif de ces plaques bleues qui s’intègrent mal dans notre campagne, et l’effet redondant
, regrette Michel (1), habitant d’une vieille ferme pourtant bien signalée
. Pas très utile, ça sent le gaspillage
, estime sa voisine Nina. Guy, lui, s’interroge : C’est moche, ça se dévisse ?
Une pratique illégale et passible de sanctions. Étonnamment, le Parc naturel régional du Perche n’a pas été concerté. Le choix relève de la commune : bleu marine dans le bourg, bleu plus clair dans la campagne.
(1) Prénoms modifiés.