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Affaire GDE. Alain Lambert jugé pour trafic d’influence : la décision sera rendue en janvier... |
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Alain Lambert, ancien président du conseil départemental de l’Orne, à son arrivée au tribunal de Paris, mercredi 23 octobre 2024, pour la dernière journée de l’audience dans laquelle il était jugé pour trafic d’influence dans le cadre du dossier GDE. © Ouest-France
Alain Lambert, ancien ministre du budget, et ancien président du conseil départemental de l’Orne, et son directeur de cabinet, Alain Pelleray, ont été jugés au tribunal de Paris entre le 16 et le 23 octobre 2024. Le Parquet national financier leur reproche d’avoir usé de leur influence dans le cadre du dossier GDE, un projet de méga-centre d’enfouissement de déchets automobiles qui devait voir le jour dans l’Orne. Après quatre jours de débats, la décision a été mise en délibéré.
Alain Lambert, « obsédé » et « zélé », comme l’affirme le parquet national financier (PNF), ou simplement « naïf », comme le déclare son avocat ?

Le centre d’enfouissement de déchets de GDE à Nonant-le-Pin (Orne) n’a pas fonctionné longtemps. Il a été bloqué pendant près d’un an en 2013 et 2014, avant que l’autorisation d’exploiter soit annulée définitivement en 2016. Archives Ouest-France
Pendant quatre jours, la 32e chambre correctionnelle du tribunal de Paris s’est plongée dans les entrailles d’une affaire qui a secoué l’Orne dans les années 2010 : le projet (enterré depuis 2016) de centre d’enfouissement de déchets automobiles, au cœur des terres d’élevage de trotteurs et galopeurs parmi les plus reconnues et les plus rentables du monde.
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Les associations plaignantes absentes
À cette époque, l’ex-ministre du Budget (2002-2004), Alain Lambert, est le président du conseil départemental de l’Orne. Il est favorable au projet de Guy Dauphin Environnement (GDE), l’un des leaders du recyclage en France, dont le siège est situé près de Caen.
Mais a-t-il usé de son influence pour favoriser cette implantation ? C’est ce que lui reprochent les associations opposées au projet. À lui et à son directeur de cabinet, Alain Pelleray (toujours en activité auprès de l’actuel président ornais), entendu pour complicité de trafic d’influence.

Opposition entre salariés de GDE et opposants à l’ouverture du centre d’enfouissement des déchets, de Nonant-le-Pin (Orne) en 2014. Stéphane Geufori, archives Ouest-France
Ce mercredi, les avocats des prévenus ont regretté l’absence des associations. L’absence aussi du préfet d’alors, Bertrand Maréchaux, fermement opposé au projet. Puis ils ont tenté de démontrer que l’enquête reposait « sur bien peu ».
Décision le 29 janvier
Les beaux dîners, le tour d’hélicoptère autour du Mont-Blanc sur invitation de Claude Dauphin. Le mail invitant ce même Claude Dauphin à commander 800 exemplaires du livre écrit par Alain Lambert. Une demande de ce dernier pour entrer au futur conseil de surveillance de GDE ou d’Alain Pelleray de faire entrer GDE au capital de sa propre société. « À chaque fois, il manque quelque chose sur la matérialité et l’intentionnalité, balaie Me Cyril Fergon. Le doute doit bénéficier aux accusés. »

Le site prévu pour accueillir le centre d’enfouissement de déchets automobiles, à Nonant-le-Pin, dans l’Orne, a été bloqué pendant près d’un an. Thomas Brégardis, Archives Ouest-France
Le parquet national financier a requis deux ans de prison avec sursis, 100 000 € d’amende et cinq ans d’inéligibilité pour Alain Lambert. Alain Pelleray risque un an de prison avec sursis, 50 000 € d’amende et l’interdiction d’exercer les fonctions de directeur général de l’Orne. La décision sera rendue le 29 janvier 2025.