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Alençon. « Je ne trouve pas d’intérimaire » : les arrêts maladies pour Covid-19 freinent l’artisanat... |
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Le chauffagiste Jean-Marc Sol croule sous les commandes. © Ouest-France
Les contaminations liées au Covid-19 bouleversent l’organisation des entreprises. À Alençon (Orne), le secteur de l’artisanat peine à trouver des intérimaires pour remplacer les arrêts maladies, en cette période de forte activité.
« On fait le dos rond. » Sans tomber dans le fatalisme, Hubert Gesnouin reste lucide sur la situation actuellement traversée par toute une profession. Le secrétaire général de la Fédération française du bâtiment dans l’Orne enregistre une accumulation d’arrêts maladie en raison des contaminations liées au Covid-19. Depuis quelques semaines, les cas positifs ont considérablement augmenté. « Plusieurs entreprises affichent un taux d’absence de 50 à 60 % », indique Hubert Gesnouin.
« Je ne dors pas beaucoup en ce moment »
À Alençon, les artisans sont les premiers touchés. Chez Jean-Marc Sol, chauffagiste à Saint-Germain-du-Corbéis, deux salariés manquent à l’appel cette semaine. « Je ne dors pas beaucoup en ce moment, glisse le chef d’entreprise. Je m’attendais à avoir des cas au sein de mon personnel, mais ça tombe un peu mal en cette période . » En effet, son carnet de commandes déborde de chantiers chez les particuliers.
Le chauffagiste doit en effet en partie rattraper le retard de 2021, en raison du manque de composants électroniques et des pièces extérieures des pompes à chaleur. Des matériaux qui reviennent aussi de plus en plus onéreux pour s’approvisionner. Le plombier enregistre une hausse de 15 % pour les prix des radiateurs. « Nos interventions s’étalent maintenant sur les six prochains mois, c’est la première fois que ça m’arrive en 25 ans de métier. »
Pour remplir les cases manquantes sur le planning des interventions, Jean Marc-Sol s’est tourné vers les agences d’intérim, très sollicitées en ce moment. « Je n’arrive pas à trouver d’intérimaire, lâche-t-il d’un ton laconique. J’avais potentiellement un candidat mais il a été pris par une autre entreprise. »
« On a tendance à faire l’impasse »
Une première pour l’artisan qui, en 2021, a converti deux contrats d’intérim en CDI. « L’intérim est intéressant pour trouver du personnel qualifié lorsque nous sommes en surcroît d’activité ou si les périodes d’arrêts maladies sont de longue durée. Pour huit jours de Covid-19, on a tendance à faire l’impasse. »
Une observation partagée par Hubert Gesnouin. « L’intérim sur un poste spécialisé demande un temps d’apprentissage sur la technicité. Faire venir quelqu’un pour une semaine sur un chantier en cours, cela n’en vaut pas la peine. »