|
Alençon. L’usine de bouillon déshydraté Ariaké s’agrandit, diversifie sa production et embauche... |
1
Roger-Gérard Cadec et Valérie Calvar sont les responsables de la société Ariaké à Cerisé, près d’Alençon, dans l’Orne. © Ouest-France
Installée depuis 2008 à Cerisé aux portes d’Alençon, dans l’Orne, l’entreprise fabrique des bouillons déshydratés et des bases culinaires naturelles. Pour transformer une partie de sa production en poudre, le groupe japonais va construire 720 m² de bâtiments et une tour de 22 m de haut. Ce chantier à dix millions d’euros débute en ce mois de juillet 2021.
L’entreprise Ariaké, située à Cérisé, juste à côté d’Alençon, dans l’Orne, veut transformer une partie de sa production de bouillons déshydratés et de bases culinaires naturelles en poudre. Pour ce faire, le groupe va construire 720 m² de bâtiments et une tour haute de vingt-deux mètres. Des emplois devraient être créés.
Entretien avec Roger-Gérard Cadec, directeur de l’usine Ariaké de Cerisé (Orne) et Valérie Calvar, responsable administrative.
En quoi concerne ce projet d’extension validé par la communauté urbaine d’Alençon (CUA) ?
C’est un complément aux deux grandes familles de produits actuellement fabriqués sur notre site. Le métier d’Ariaké, c’est de réaliser des bases culinaires, saines et naturelles, à destination de clients français et internationaux, que ce soit pour des industriels, la restauration ou le grand public. Depuis le démarrage de l’usine en 2007-2008 à Cerisé, nous produisons des bouillons déshydratés à infuser.
Quel genre de bouillons ?
Nous travaillons avec des produits simples, des ingrédients qu’on peut trouver dans les placards de sa cuisine, rien de plus, rien de moins : de la volaille, du bœuf, des légumes, des coquillages, des crustacés… On est vraiment sur du culinaire, pas de la chimie. Par exemple, pour le bouillon de volaille, on a un extrait de volaille, mais aussi de la viande, des légumes, des épices…
Où vos produits sont-ils consommés ?
Tout ce qui est fabriqué ici est à destination du marché européen, surtout pour la France. Et aussi un peu pour Hong Kong.
En plus des bouillons, avez-vous diversifié votre production, depuis quelques années ?
Les ventes plafonnant un peu, en 2013 le groupe Ariaké a décidé d’implanter une ligne d’extraction : on fait chauffer des carcasses de volailles avec de l’eau, comme lorsqu’on fait un bouillon à la maison. On récupère la base de bouillon, qui est ensuite dégraissé puis concentré. Ce concentré pâteux est vendu aux industriels qui s’en servent de base culinaire pour des plats cuisinés. Maintenant, cela représente 80 % de notre production.
D’où viennent les carcasses de poulets nécessaires à cette ligne d’extraction ?
D’abattoirs situés dans un rayon d’une centaine de kilomètres autour d’Alençon.
Pourquoi dites-vous que ce projet d’extension est un complément à ce qui existe déjà ?
Certains des clients à qui nous vendons nos extraits sous forme pâteuse préfèrent travailler ce produit sous forme de poudre. À nous de répondre à leurs nouvelles habitudes de consommation. Transformer une partie de notre production en poudre va aussi nous permettre de travailler davantage au grand export, grâce à des coûts de transport beaucoup plus raisonnables.
Votre extension prévoit donc une tour de séchage.
Effectivement, de 22 m de haut. Ce genre de matériel est très courant dans le domaine laitier. Nous allons également construire 720 m2 de bâtiments, qui s’ajouteront aux 6 000 m2 existants.
Les autorités vous ont-elles demandé de porter un effort particulier sur le traitement des odeurs liées à la cuisson des poulets ?
Lorsque nous avons déposé ce dossier, plusieurs personnes nous ont alertés sur ce sujet, disant que des riverains se plaignaient. Il y a donc une partie sur le traitement d’odeur dans notre projet, c’était dans le deal avec la préfecture et les élus de la CUA, même si nous n’avons jamais été saisis directement par des plaintes. Mais selon les vents il se peut qu’effectivement on puisse sentir un peu une odeur de poulet dans les nouveaux lotissements de Cerisé. Par ailleurs, notre site est doté depuis 2016 d’une station de prétraitement des eaux usées, ce qui permet d’empêcher la graisse (et leurs odeurs) de partir dans les réseaux.
Financièrement, l’investissement est de quel ordre de grandeur ?
Entre neuf et dix millions d’euros, ce qui n’est pas anodin au regard de notre chiffre d’affaires, légèrement supérieur à douze millions d’euros.
Cette extension sera-t-elle synonyme de création d’emplois ?
Oui, entre trois et cinq. Par ailleurs, nous cherchons actuellement à recruter des techniciens de maintenance. Une quarantaine de personnes travaille ici, on grossit petit à petit…
Quel est le calendrier des travaux ?
Le chantier de terrassement débutera dans les prochains jours, pour quelques semaines, et les choses sérieuses vont commencer après l’été. L’objectif est d’être opérationnel d’ici à septembre 2022.
Ariaké Cerisé, contact par courriel : v-calvar@ariakefrance.com