|
Caen. Interstice, le festival qui déploie la puissance du réel... |
1
«?Fuji?» de Joanie Lemercier, une première française à découvrir au Pavillon. © David Hanko
Un robot écrivant en allemand la bible de Luther, le mont Fuji tel un ascenseur vers le ciel, des gouttes de lait en suspension, des hélices jouant de la guitare, des concerts à base de partitions nucléaires… Bienvenue dans Interstice (9 au 20 mai 2018 à Caen), le festival aux confins de l’art et de la modernité.
Arts visuels, sonores et numériques. Pourvu que l’expérience soit poétique, ce cocktail triangulaire offre bien plus qu’un petit intervalle. Interstice aime à questionner l’espace, les technologies, l’architecture, les sciences, l’histoire de l’art… Et de l’espace, ce festival en prend de plus en plus.
En seulement douze jours, du 9 au 20 mai 2018, vingt-sept artistes, quinze lieux, neuf expositions, onze concerts et performances, neuf rendez-vous (ateliers, visites guidées, colloque…) composent le programme de 48 pages.
Cette année, l’accent sur la création est encore plus aigu. On compte une exclusivité mondiale : Isotopp, du Canadien Herman Kolgen, un spectacle sonore et visuel conçu à partir des collisions de noyaux atomiques projetés à 100 000 km/s dans les laboratoires du Ganil au bout de deux ans de résidences ponctuelles.
Et quatre premières françaises, parmi lesquelles un bras de robot écrivant en allemand la bible de Luther (Robotlab) et un mapping (projection) donnant l’illusion que le mont Fuji se dirige vers la lune (Joanie Lemercier).
« Ce qu’on aime, c’est qu’une idée simple se révèle complexe », confient David Dronet et Luc Brou, les deux pilotes de ce rendez-vous aux frontières du réel qui bouscule les perceptions.
Autre exemple pour s’en convaincre : grâce à un dispositif capable de détecter les rayons cosmiques - le Muoscope, un appareil conçu à Caen, qui a permis de détecter deux cavités de la grande pyramide de Kheops -, deux diplômés des Beaux-Arts (Esam) ont imaginé Nova Stella , un « concept audiovisuel à partir d’explosions d’étoiles en temps réel ».
ADN de l’événement, les expositions vont aussi montrer de grands polygones flottant dans l’atmosphère (Shape), un concert de gouttes de lait en apesanteur (Bloom), une enceinte gyroscopique remplissant une église de passages du poète Brion Gysin (Robert Pravda), un live de trente guitares acoustiques activées par de petites hélices (Ruben D’Hers)…
ruben d'hers (VE): playa from kontejner.org on Vimeo.
Plusieurs nouveautés jalonnent cette édition. La deuxième semaine, le centre chorégraphique (CCN) sera au cœur de l’événement avec différents ateliers en direction du public (conception scénographique, danser le pogo…), des projections et la soirée de clôture (perf’ sonores et Dj’s). L’ouverture du festival se fera aux Galeries Lafayette avec Dj set de Fred H.
Interstice élargit son réseau normand avec une soirée au Tétris (Le Havre) et un colloque au musée des Beaux-Arts de Rouen. Territoires Pionniers (Maison de l’architecture), la petite Igda 2.0, le collectif PAN et le Wip (projet de tiers lieu dans la grande halle de la SMN), le Bon Accueil (Rennes) se mêlent à la programmation.
Signe qu’Interstice prend du volume : une quinzaine de professionnels viennent découvrir les nouvelles propositions et une plateforme de création numérique régionale sera dévoilée durant le festival.
Du 9 au 20 mai 2018 à Caen : 13e festival Interstice. Gratuit. Programme sur festival-interstice.net.