Accueil Info En France et dans le Monde COMMENTAIRE. Référendum en Italie : les citoyens ont dit « pas touche à ma Constitution » à Giorgia Meloni

COMMENTAIRE. Référendum en Italie : les citoyens ont dit « pas touche à ma Constitution » à Giorgia Meloni

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photo  la cheffe du gouvernement italien, giorgia meloni, s’adresse à la presse à la fin du sommet européen à bruxelles, le 19 mars 2026.  ©  le pictorium/maxppp/nicolas landemard 2

La cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, s’adresse à la presse à la fin du sommet européen à Bruxelles, le 19 mars 2026. © Le Pictorium/MAXPPP/Nicolas Landemard

C’était un référendum sur lequel elle n’avait pas misé sa permanence ou non à la tête du gouvernement. Mais le revers est bien net. Les Italiens ont rejeté à une confortable majorité sa proposition de réforme de la magistrature. « Touche pas à ma constitution ! » semble avoir été le signal envoyé par les électeurs. Très attachés à l’équilibre des pouvoirs. Explications.

Comme le titrait dès lundi après-midi le quotidien La Repubblica, c’est la première vraie défaite de Giorgia Meloni. Malgré une campagne fortement conditionnée par le contrôle du gouvernement sur les médias du service public. Malgré l’utilisation de certains faits divers pour délégitimer la magistrature. Les Italiens, à près de 54 %, ont dit non à la réforme de la magistrature. Un non très politique, malgré le contenu très technique de cette réforme.

De quoi s’agissait-il ? Techniquement, de procéder à un vieux rêve de Silvio Berlusconi, celui de la séparation des carrières des magistrats. L’Italie a deux spécificités en Europe en la matière. D’une part, le corps des magistrats ne prévoit aucune distinction entre les procureurs – les magistrats du parquet – et les juges chargés de dire le droit – les magistrats du siège. Contrairement à la France et à la plupart des pays européens.

La conséquence de cette indistinction en termes de carrière, c’est qu’il n’existe qu’un seul Conseil supérieur de la magistrature, et que contrairement à la France, le pouvoir de nomination et de conditionnement du ministère de la justice – donc du gouvernement – reste très limité. La politisation du Conseil supérieur de la magistrature est une réalité que nul ne conteste. Mais la réforme Meloni voulait, en séparant les carrières, instaurer un second organe de contrôle. Une réforme perçue comme une façon, pour le pouvoir politique, de reprendre la main sur les juges.

Le rêve de Berlusconi

En Italie, ce débat dure depuis plus de trente ans, depuis que la magistrature du Parquet de Milan a, avec l’Opération Mains Propres contre la corruption, lancé en 1992, fait chuter toute la vieille classe dirigeante des partis politiques. Depuis lors, la droite italienne n’a de cesse de vouloir réformer les organes internes à la magistrature. Silvio Berlusconi en premier, dont beaucoup disent que son entrée en politique, en 1993, fut une manière de sauver son empire et d’échapper aux juges.

Sur le contenu de la réforme Meloni, certains représentants de la gauche estimaient que le contenu était juste, que la séparation des carrières serait une bonne chose pour tempérer les éventuels abus de la magistrature. Mais au-delà de la technicité de cette réforme, c’est sa valeur politique qui a dominé lors de ce référendum.

Pour le dire en une formule : une majorité d’Italiens a dit Pas touche à ma constitution à Giorgia Meloni. Pas elle. Voir la descendante politique du néofascisme retoquer pas moins de sept articles de la constitution de 1947 (née sous le sceau de l’antifascisme), n’était pas acceptable.

Il ne faut pas y voir une idéologisation de ce référendum. Les Italiens, de manière un peu comparable, avaient dit non à Matteo Renzi, lorsqu’il avait soumis à référendum sa réforme de la constitution, en 2014. Ce qui l’avait amené à démissionner dans la foulée.

« Pas touche à ma constitution »

Ne nous méprenons pas. L’attachement des Italiens à leur Constitution n’a rien d’idéologique. Méfiant à l’égard de tout abus de pouvoir, ils estiment que l’équilibre des pouvoirs à l’italienne – avec une magistrature indépendante (qui a payé souvent le prix fort face à la mafia et au terrorisme politique) et un président de la République super partes – est un point fondamental de la vie démocratique du pays. C’est cet équilibre qui a permis à l’Italie de traverser plusieurs saisons de tensions populistes (la Ligue du Nord, Berlusconi, le Mouvement 5 Étoiles, la Ligue de Salvini, Giorgia Meloni) sans que les fondamentaux de la démocratie italienne ne fussent remis en cause.

photo une électrice glisse son bulletin de vote à milan, dimanche 22 mars 2026.  ©  afp/piero cruciatti

Une électrice glisse son bulletin de vote à Milan, dimanche 22 mars 2026. AFP/Piero CRUCIATTI

Or, aux yeux des électeurs, ce référendum était une sorte de banc d’essai avant la réforme, plus profonde, de la constitution que Giorgia Meloni entend soumettre au Parlement et à référendum. Une réforme qui modifie les équilibres institutionnels, en réduisant considérablement le pouvoir du président de la République, au bénéfice de celui du chef de gouvernement. Le Non des Italiens ce week-end est un signal à Giorgia Meloni. Les électeurs n’ont pas permis à un centriste comme Matteo Renzi de modifier les équilibres constitutionnels, ils sont encore moins disposés à le faire avec une descendante – certes lointaine – de l’homme fort contre qui cette constitution a été écrite en 1947 : Benito Mussolini.

 
Laurent Marchand    Ouest-France  

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