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Coronavirus. Dans l’Orne, juste deux marchés ce mercredi 25 mars1 |
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Un marché clairsemé, mardi matin à Argentan. © Ouest-France
Depuis lundi 23 mars 2020 en soirée, les marchés sont interdits. La préfecture de l’Orne étudie les dérogations demandées par les maires. Les dossiers sont en cours d’étude : il y aura juste deux marchés ce mercredi 25 mars : ceux de Carrouges et du Mêle-sur-Sarthe.
Depuis un décret de loi paru mardi 24 mars au Journal officiel, la tenue des marchés, couverts ou non et quel qu’en soit l’objet, est interdite jusqu’au 15 avril. Toutefois, chaque préfecture peut, après avis du maire, accorder une autorisation d’ouverture des marchés alimentaires.
Dans l’Orne, plusieurs maires ont fait une demande de dérogation. La demande de dérogation devra faire état du besoin d’approvisionnement de la population, des conditions d’organisation du marché et des contrôles mis en place propres à garantir la santé publique et la présence de manière simultanée de moins de cent personnes.
Juste Carrouges et Le Mêle-sur-Sarthe
Toute la journée du mardi 24 mars, les services de la préfecture ont analysé les différentes demandes des maires. « Pour un traitement égalitaire d’analyse de chaque dossier, cela demande un peu de temps, indiquait-on à la préfecture à 19 h. En l’état actuel des choses, aucun arrêté préfectoral de dérogation n’est signé : le principe de l’interdiction s’applique dans le département de l’Orne ». Autrement dit, il y aura peut-être des marchés jeudi et les jours suivants, mais pas mercredi 25 mars.
Changement un peu plus tard dans la soirée de mardi : les marchés du Mêle-sur-Sarthe et de Carrouges , prévus ce mercredi 25 mars, ont finalement été autorisés par arrêté préfectoral.
Les demandes de dérogation
À Alençon, la municipalité étudie les possibilités de dérogation « afin d’évaluer si cela est possible et souhaitable ». Mais d’ores et déjà le marché de jeudi est annulé.
À Argentan, le maire s’est rendu mardi sur le marché « pour faire un point avec les commerçants ». Frédéric Leveillé a fait une demande de dérogation pour autoriser les marchés du mardi et du dimanche, mais pas celui du vendredi. « Le marché est un moment important pour la population, les commerçants non sédentaires et un lieu de sociabilité importante. Ici, tout est fait en sécurité maximale : les étals sont séparés de 5 m, il y a des bandes au sol pour faire respecter les distances entre les gens et assez d’espace entre chacun. »
À La Ferté-Macé, le maire espère pouvoir garder le marché du jeudi : « Chez nous, les gens ne sont pas les uns sur les autres, note Jacques Dalmont. En cas d’annulation, les clients iraient dans les grandes surfaces, où les règles de distance ne sont pas meilleures… »
D’autres maires sont dans la même optique : à Vimoutiers, Guy Romain a fait une demande pour garder les marchés du lundi après-midi et du vendredi matin, « pour le marchand de primeurs et le fromager ».
À Bagnoles-de-l’Orne, la mairie a formulé une demande de dérogation pour ses quatre marchés (mardi, mercredi, vendredi et samedi).
A Courtomer une demande a été faite pour le marché de vendredi, « mais je n’aurai la réponse que mercredi », indique Monique Bracke.
Les marchés annulés
En revanche, d’autres maires ont préféré d’eux-mêmes annuler les marchés prévus. Ainsi, le marché de Sainte-Gauburge/Sainte-Colombe (mercredi et samedi) est annulé, tout comme celui du Merlerault (jeudi) ou encore de La Ferté-Fresnel (jeudi) où la poissonnière a été contrainte de déclarer forfait.
Pas de marché non plus à Putanges-le-Lac (jeudi), ni à Tourouvre (vendredi) où le maire Guy Monhée dit « suivre les préconisations du Premier ministre ».
À Moulins-la-Marche, le marché de jeudi est annulé, mais le maire espère maintenir celui du samedi matin. « La préfecture nous donnera la réponse jeudi », indique Fabrice Gloria.
Cette liste complète les communes qui ont décidé depuis plusieurs jours de ne plus accueillir de marché, notamment Flers, L’Aigle et Mortagne-au-Perche.
Si les précautions de distance sont prises, aller au marché est bien moins dangereux que d'aller s'entasser dans une grande surface ! Ou alors il faut tout interdire.
On entend des appels aux grandes surfaces pour s'approvisionner auprès des producteurs locaux. A qui tout cela profite ?!