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Covid-19. En Normandie, les dromadaires ne roulent plus leurs bosses... |
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Michelle Royère élève une dizaine de dromadaires, à Villers-en-Ouche (Orne). © Ouest-France
Dans l’Orne, à Villers-en-Ouche, Michelle Royère élève des dromadaires, des lamas, des ânes et bien d’autres animaux, depuis 1999. Mais privée de revenus à cause de la crise sanitaire liée au coronavirus, elle craint de n’avoir pas suffisamment de provisions pour les nourrir tout l’hiver.
En franchissant le portail rouge de Michelle Royère, dans la petite commune de Villers-en-Ouche, dans l’Orne, on peut s’attendre à beaucoup de choses, mais pas à rencontrer une dizaine de dromadaires, une chamelle à deux bosses, sept lamas, des ânes et bien d’autres petits animaux de la ferme. Pourtant, c’est bien sur son grand terrain que l’Ornaise élève « cette famille » , comme elle appelle l’étonnante troupe, depuis 1999.
Plus de prestations depuis mars
Michelle Royère exerce dans la prestation d’animaux. « Ils participent à des clips, des promenades, des marchés, ou d’autres événements. Depuis 2012, je travaille aussi avec le Jardin d’acclimatation, à Paris » , énumère-t-elle en appelant « Dodo », dans l’enclos des dromadaires pour lui donner quelques caresses, que jalousent les autres camélidés, accourant pour réclamer leur part.

Tous les dromadaires prennent la pose pour la photo de famille. Ouest-France
Seulement, à cause de la crise sanitaire, « on ne fait plus rien , déplore l’éleveuse de 62 ans. Tous les marchés de Noël ont été annulés. Ça n’a pas l’air d’aller dans le bon sens. À cause du premier confinement, au mois de mars, je n’ai plus aucune avance de trésorerie. L’argent ne rentre pas » . Durant l’été, quelques événements ont pu avoir lieu, « mais il n’y avait presque personne » , s’attriste-t-elle, en évoquant « des chiffres qui ne permettent pas de survivre » .
La solidarité comme seul horizon
Entre les frais de vétérinaire, de maréchal-ferrant, de paille et de nourriture, elle peine à payer toutes les factures, et ne trouve plus de solutions. « Le foin part vite. Je vois mes provisions diminuer peu à peu. Je ne sais pas si j’en aurai assez pour l’hiver , lâche-t-elle d’une voix tremblante. Moi j’ai ce qu’il me faut, mais pas mes animaux. »
Michelle Royère ne compte alors plus que sur la solidarité de ses voisins, amis ou collègues. « Beaucoup de personnes m’ont déjà aidée, comme les écuries Guarato qui m’ont apporté une trentaine de bottes de foin depuis Moulins-la-Marche , raconte-t-elle. Toute initiative est la bienvenue, même me déposer du pain dur, ou des croquettes. C’est bête, ça peut sembler n’être pas grand-chose, mais je suis contente pour mes animaux ! »
Pour faire face à la crise, Michelle Royère a aussi lancé une cagnotte en ligne. « Mes animaux ont besoin de vous, insiste-t-elle, sans envisager une seule seconde se séparer d’eux. C’est ma famille. »