|
De 1939 à 1946, Saint-Germain-du-Corbeïs dans la tourmente... |
1
Jean-Claude Martin, président des Amis du patrimoine, présente le panneau sur l’histoire inédite des réfugiés à Saint-Germain. © Ouest-France
Jean-Claude Martin et Serge Radet, des Amis du patrimoine, proposent une exposition en dix panneaux, une période peu connue de l’histoire de Saint-Germain-du-Corbeïs (Orne) avec une impressionnante collecte de documents, images et témoignages inédits.
Dans le cadre des Journées du patrimoine, les Amis du patrimoine ont proposé une exposition consacrée à l’histoire locale de 1939 à 1946. C’est le fruit de dix années de collecte de documents, témoignages, images, mis en forme par le président de l’association, Jean-Claude Martin, et par Serge Radet, historien.
Cet imposant travail, labellisé pour les 80 ans de la Libération, a donné lieu à une conférence, jeudi dernier, et à une exposition en dix-sept panneaux. Il reste deux journées, le mercredi et samedi, à la mairie, pour découvrir d’émouvants témoignages de cette période. Un livret reprenant ces panneaux permet une étude approfondie de tous ces documents.
Une image inédite de l’histoire locale
En 1939, Saint-Germain-du-Corbéis est une petite commune rurale de 646 habitants, avec un centre bourg, des agriculteurs et des ouvriers rejoignant Alençon par le tramway. Les panneaux font revivre l’histoire vue par les Corbenois.
L’exposition évoque le sort des Corbenois mobilisés en 1939, les prisonniers en Allemagne, les morts pour la France et l’histoire ignorée des réfugiés. « Il fallait accueillir dans un village de 700 habitants, 300 réfugiés chaque jour, les nourrir, les soigner, les héberger, un énorme défi », raconte Serge Radet. Saint-Germain accueillait au château de l’Isle, une annexe de l’hôpital d’Alençon.
D’autres chapitres et panneaux racontent l’occupation allemande, Saint- Germain sous le régime de Vichy, l’action d’Henri Chanteloup, maire de 1939 à 1944, et du Marquis d’Olliamson nommé par le préfet. De nombreux témoignages évoquent la dureté de la vie quotidienne, les tickets de rationnement, le marché noir, les pillages, la vie des écoliers en temps de guerre.
La Résistance et les fusillés de la carrière des Aulnays
Des figures émergent du travail des historiens. Deux Corbenois, Maurice Fouchet et Roger Saurin meurent au combat dans les maquis du Lot. Marcel Gagneraud, Émile Rouland, Constant Boissier s’illustrent dans la Résistance. Le 27 avril et le 12 mai 1944, les nazis fusillent onze résistants, dont trois Russes, dans la carrière des Aulnays. Une souscription publique permettra d’ériger le monument pour perpétuer leur mémoire.
Du 21 mai 1944 au 13 mai 1945, Marguerite Couder tenait une chronique journalière. Un document inestimable sur la vie quotidienne que l’exposition met en valeur.
Mercredi 25 et samedi 28 septembre, exposition « Saint-Germain-du-Corbéis de 1939 à 1946 », de 14 h à 18 h, à la mairie.