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De 1945 à 2020, retour sur huit décennies d’élections municipales à Argentan... |
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Des bulletins de vote de différents scrutins municipaux à Argentan, entre 1945 et 2014. © Collection François Boscher
Alors que le nom du prochain maire d’Argentan (Orne) sera connu ce dimanche 15 mars 2026, retour en arrière avec un rappel de ce qu’ont été les scrutins municipaux argentanais, de 1945 à 2020.
Alors que le nom du prochain maire d’Argentan (Orne) sera connu ce dimanche 15 mars 2026, retour en arrière avec un rappel de ce qu’ont été les scrutins municipaux argentanais, de 1945 à 2020.
1945
À la tête de la municipalité d’Argentan (Orne) depuis 1925, la gauche reste aux manettes de la mairie après la Seconde Guerre mondiale. Après la dissolution du conseil municipal en octobre 1944, le communiste Wladimir Martel (1887-1950) est désigné maire par la préfecture, puis élu en mai 1945. Au premier tour, la liste de droite menée par Pierre Couinaud (ce dernier est alors prisonnier en camp de concentration) vire en tête (cinq élus contre un), mais la gauche renverse la vapeur au second tour (seize élus à un) et remporte la mairie (dix-sept élus contre sept pour la droite).

Élections municipales à Argentan : un bulletin de 1945 de la liste de gauche. Collection François Boscher

En 1945, alors qu’il est toujours prisonnier d’un camp de concentration, le Dr Couinaud obtient 1 328 voix sur les 2 403 votants, soit le meilleur score de cette élection à Argentan. Collection François Boscher
1947
Wladimir Martel ne se représente pas, son successeur est le socialiste Eugène Denis. Mais ce dernier décède le 27 décembre 1950, et c’est son adjoint Guy Deverre (1914-1986), lui aussi socialiste, qui lui succède.
1953
Changement de cap : Argentan vire à droite en élisant Pierre Couinaud (1891-1967). Le chirurgien est une personnalité marquante : ancien combattant lors de la Première Guerre mondiale, résistant et déporté, il est devenu député puis sénateur RPF, le parti du général de Gaulle. De 1951 à 1953, il est aussi sous-secrétaire d’État à la Santé.

Pierre Couinaud a été maire d’Argentan de 1953 à 1961. Archives Ouest-France
1959
Pierre Couinaud est réélu mais il démissionne de son poste deux ans plus tard, pour raisons de santé. Son adjoint André Parléani (1920-1996) le remplace, mais il ne fait pas l’unanimité dans son camp.

Le bulletin de la liste Vimal du Bouchet lors des municipales 1965 à Argentan. Collection François Boscher
1965
Lutte fratricide à droite. À l’époque, le vote de liste n’existe pas, les électeurs peuvent « panacher », c’est-à-dire rayer un nom de telle ou telle liste. À ce petit jeu, l’équipe d’André Parléani, maire sortant, se fait laminer par celle d’un nouveau venu en politique, Jean Vimal du Bouchet. Le notaire et ses vingt-six colistiers raflent tous les sièges ! La liste Parléani n’a aucun élu, ni celle présentée par le Parti communiste.

Jean Vimal du Bouchet a été élu maire d’Argentan en 1965 puis réélu trois fois. Archives Ouest-France
1971
La liste Vimal du Bouchet (1923-2011) remporte vingt-trois sièges. Avec quatre sièges, la gauche fait son retour au conseil municipal, avec notamment le socialiste Pierre Pavis et le communiste Roger Jouadé.

Élections municipales à Argentan en 1965 : bulletin de la liste de gauche. Collection François Boscher
1977
Le soir du premier tour, il faut attendre 4 h du matin pour séparer les deux listes ! La première, emmenée par Jean Vimal du Bouchet, remporte sept sièges, celle de l’union de la gauche, conduite par Pierre Pavis, en gagne cinq. Le dimanche suivant, le résultat est plus tranché : Argentan renouvelle sa confiance à son maire sortant RPR. La majorité a dix-sept élus, contre dix pour l’opposition.
1983
Quatrième mandat pour Jean Vimal du Bouchet et son équipe, réélus dès le premier tour avec 52,64 % des voix. Pour la gauche, c’est une claque. Le maire sortant s’offre même le luxe de creuser l’écart face à la liste conduite par Pierre Pavis et Roger Jouadé. 70 voix les séparaient en 1977, il y en a 451 aujourd’hui.

Jean Vimal du Bouchet (ici en 1986) a été maire d’Argentan pendant vingt-quatre ans, de 1965 à 1989. archives Ouest-France
1989
Cuisante défaite cette fois pour la droite, après trente-six années au pouvoir. Pierre Pavis et Roger Jouadé se rallient derrière François Doubin, alors ministre de François Mitterrand. La liste Doubin obtient 49,60 % au premier tour, contre 40,60 % à la liste Vimal et 9,80 % à la liste communiste de Robert Levesque qui ne peut pas se maintenir. Au second tour, la liste Doubin rallie 58,2 % des suffrages (vingt-six élus) contre sept élus pour la liste Vimal.

L’équipe de François Doubin au premier tour des municipales de 1989. Collection François Boscher
1995
François Doubin (1933-2019) repart, mais au soir du premier tour (40,70 %) il a besoin des 11,9 % de la liste PC de Robert Levesque pour contrer la liste de droite alors menée par François Mauvais (40 %). Un peu plus à droite, Jean-Jack Denoual (4,40 %) appelle à voter blanc ou nul au second tour. Renforcée par le PC, la liste Doubin récolte 52,70 % des suffrages, soit 400 voix de mieux que la liste du Docteur Mauvais.

François Doubin (ici en 1992) a été maire d’Argentan de 1989 à 2001. Archives Ouest-France
2001
François Doubin ne se représente pas et lance son premier adjoint Pierre Pavis vers la mairie, tandis que Laurent Beauvais sera en charge de présider la petite intercommunalité, le district du pays d’Argentan et ses six communes. Au premier tour, la liste de gauche obtient 48,90 %, tandis que les deux listes de droite emmenées par Xavier Jaglin (29 %) et Jean-Jack Denoual (22,15 %) totalisent plus de 51 % des voix. Mais les discussions n’aboutissent pas, laissant la place nette à Pierre Pavis au second tour (52,1 %), la liste Jaglin obtenant 30,1 % et la liste Denoual 17,8 %.

Un tract de Jean-Jack Denoual lors des élections de 2001. Collection François Boscher
2008
Jean-Jack Denoual est n° 3 de la liste de Jean-Louis Esquivié, mais rien n’y fait : la mésentente persistante des deux listes de l’opposition (22,2 % pour Jaglin et 12,4 % pour le tandem Esquivié-Denoual) offre un boulevard à la liste de Pierre Pavis, réélue dès le premier tour avec 65,4 %.

Pierre Pavis (ici en 2010) a été maire d’Argentan pendant trois mandats, de 2001 à 2019. archives
2014
Bis repetita. Malgré une baisse de 10 points, un seul tour suffit à Pierre Pavis (55,41 %). La droite d’Odile Lecrosnier ne peut rien faire (24,9 %). L’extrême droite présente une liste à Argentan, ce qui est une première dans l’Orne : le Front national obtient 19,7 % et trois élus au conseil municipal. En 2019, Pierre Pavis démissionne de son poste de maire, Frédéric Leveillé (PS) lui succède.

Le tract de Pierre Pavis lors des municipales de 2014. Collection François Boscher
2020
Avec 7,59 % des voix au 1er tour en mars, le RN n’est pas en capacité de se maintenir au second tour qui, pandémie oblige, a lieu en juin. Lors de la triangulaire du second tour, Frédéric Leveillé (43,41 % au 1er tour) obtient 48,96 %, ce qui lui permet d’être élu, face aux listes de Karim Houllier, divers droite, (25,79 %) et de Jean-Louis Carpentier, divers gauche, (25,25 %). Les deux listes d’opposition ont chacune quatre élus, contre vingt-cinq à celle de la majorité.