Accueil Info En France et dans le Monde De la mort de Mahsa Amini à la suppression de la police des moeurs : la révolte en Iran en 6 actes

De la mort de Mahsa Amini à la suppression de la police des moeurs : la révolte en Iran en 6 actes

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photo  des étudiants manifestent à téhéran, le 15 octobre 2022, après la mort de mahsa amini.  ©  afp 2

Des étudiants manifestent à Téhéran, le 15 octobre 2022, après la mort de Mahsa Amini. © AFP

Des manifestations secouent l’Iran depuis la mi-septembre. Les Iraniennes et les Iraniens descendent dans la rue pour dire leur colère après la mort de Mahsa Amini, 22 ans, décédée après avoir été arrêtée quelques jours plus tôt par la police des mœurs pour avoir porté une tenue jugée « indécente ». Le pouvoir iranien a annoncé ce dimanche 4 décembre la suppression de cette police.

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448. Selon le dernier bilan de l’ONG Iran Human Rights, basée en Norvège, ce nombre est celui des personnes tuées en Iran ces dernières semaines par les forces de sécurité, qui répriment brutalement les manifestations quasi-quotidiennes se déroulant depuis plusieurs mois dans le pays.

Tout a commencé le 16 septembre, quand Mahsa Amini, 22 ans, est morte après avoir été arrêtée trois jours plus tôt par la police des mœurs, pour avoir porté un voile jugé « non réglementaire ». Depuis, les manifestations se sont multipliées et ont amené le pouvoir iranien a esquissé une réponse politique, au moins en façade. Retour en six actes sur cette révolte qui défie le pouvoir iranien.

Acte I : la mort de Mahsa Amini

16 septembre 2022 : Mahsa Amini, 22 ans, décède à l’hôpital. Trois jours plus tôt, elle a été arrêtée par la police des mœurs iranienne qui lui reprochait d’avoir enfreint le code vestimentaire de la République islamique. La jeune kurde iranienne a été arrêtée pour avoir porté un voile jugé non réglementaire, ce qui a été jugé comme étant une « tenue indécente ».

En Iran, se couvrir les cheveux est obligatoire en public, pour les femmes. La police des mœurs interdit en outre aux femmes de porter des manteaux courts au-dessus du genou, des pantalons serrés et des jeans troués ainsi que des tenues de couleurs vives, entre autres.

Acte II : l’Iran s’embrase

Au lendemain de sa mort, Mahsa Amini est inhumée dans sa ville natale de Saghez, dans la province du Kurdistan, au nord-ouest du pays. Une manifestation éclate, elle est dispersée à coups de gaz lacrymogène. Sur les réseaux sociaux, de nombreuses personnalités disent leur colère après la mort de la jeune femme.

Rapidement, les manifestations s’étendent à d’autres villes. Dont la capitale, Téhéran, où des rassemblements se déroulent sur plusieurs campus universitaires le 19 septembre. Des images sur les réseaux sociaux montrent des femmes mettant le feu à leur foulard.

Acte III : la répression, dans la rue et sur internet

Le 22 septembre, les autorités bloquent Instagram et WhatsApp, les applications les plus utilisées en Iran. Dans la foulée, les États-Unis annoncent mettre en place une volée de sanctions visant la police des mœurs, et plusieurs responsables de la sécurité du régime. Le Canada, le Royaume-Uni et l’Union européenne, suivent.

À l’appel des autorités, des milliers de personnes défilent le 23 septembre, défendant le port du voile. Le président Ebrahim Raïssi appelle deux jours plus tard les forces de l’ordre à agir « fermement » contre les manifestants. Et les manifestations sont réprimées dans le sang : en quinze jours de mobilisation, soixante personnes ont été tuées. De violents incidents éclatent le 2 octobre à Téhéran entre étudiants et forces de sécurité dans l’université de technologie Sharif. Partout dans le monde, des femmes se coupent les cheveux, en soutien aux Iraniennes.

Malgré la brutale répression, les manifestations se poursuivent. La semaine suivant les incidents entre étudiants et forces de sécurité, des adolescentes manifestent : elles aussi retirent leur voile, elles crient des slogans hostiles au régime.

Et le 10 octobre, la contestation s’étend : le secteur pétrolier se mobilise, des grèves sont organisées, des rassemblements se déroulent dans plusieurs villes. Des avocats rejoignent le mouvement, reprenant le slogan des manifestants « Femme, vie, liberté », à Téhéran, tout comme des commerçants, ouvriers, étudiants et enseignants.

photo saghez, le 26 octobre, 40 jours après la mort de mahsa amini. c’est l’une des images les plus fortes de l’année.  ©  ugc image / afp photo

Saghez, le 26 octobre, 40 jours après la mort de Mahsa Amini. C’est l’une des images les plus fortes de l’année. UGC IMAGE / AFP PHOTO

Acte IV : 40 jours après la mort de Mahsa Amini

Le 26 octobre, voilà 40 jours que Mahsa Amini est morte. C’est la fin de la période de deuil traditionnelle, dans le pays. À Saghez, des milliers de personnes assistent à une cérémonie d’hommage.

L’une des images les plus fortes de l’année est saisie ce jour-là : on y voit une femme, debout sur une voiture, mains levées, sans voile. Elle fait face à une voie rapide qui, dans un sens, est bloquée par des véhicules à l’arrêt. Dans l’autre, où des voitures sont aussi à l’arrêt, la route est noire de monde.

Toujours le 26 octobre, toujours à Saghez, la police ouvre le feu sur des manifestants, selon l’organisation non gouvernementale kurde Hengaw, basée en Norvège.

Le 13 novembre, une première condamnation à mort à l’encontre d’un manifestant est prononcée. Mais la mobilisation se poursuit. Et l’indignation ne faiblit pas. Le 21 novembre, les onze joueurs de l’équipe de football iranienne s’abstiennent de chanter leur hymne national avant leur premier match de la Coupe du monde au Qatar. Ils reviendront sur leur position pour leurs deux autres matchs.

Acte V : la loi sur le port du voile va être révisée

Le samedi 3 décembre 2022, les autorités demandent à la justice et au Parlement de revoir une loi de 1983 sur le port du voile obligatoire.

Le procureur général d’Iran, Mohammad Jafar Montazeri, ne précise toutefois pas ce qui pourrait être modifié dans la loi, d’autant que le président ultra-conservateur, Ebrahim Raïssi, a imposé cet été de nouvelles restrictions vestimentaires.

Acte VI : le pouvoir annonce la suppression de la police des moeurs

Mohammad Jafar Montazeri annonce aussi, samedi toujours, que la police des mœurs a été abolie en Iran. La Gasht-e Ershad avait été créée en 2005 pour, principalement, faire appliquer le « bon » port du voile dans le pays. Pour le pouvoir iranien, une femme qui porte mal le foulard, en laissant par exemple dépasser ses cheveux, est suspectée de mauvaises mœurs. Ghazal Golshiri, journaliste au Monde, note toutefois sur Twitter que « personne d’autre » que le procureur n’a confirmé cette disparition de la police des mœurs.

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Reste à savoir ce que vont changer ces décisions. « Même si la police des mœurs est abolie dans sa forme actuelle, le voile est toujours obligatoire en Iran, donc le régime doit toujours l’appliquer. Cela semble être une opération de diversion en amont des grandes mobilisations prévues en Iran la semaine prochaine », dit sur Twitter Farid Vahid, directeur de l’Observatoire de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient de la Fondation Jean-Jaurès.

 
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avec AFP et Reuters.    Ouest-France  

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