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Dépenses inhabituelles : y a-t-il eu abus de faiblesse envers ce sexagénaire d’Alençon ?... |
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Les deux femmes ont été rejugées à Caen (Calvados). © Archives Ouest-France
Vendredi 21 février 2025, deux femmes, mère et fille, âgées de 52 et 29 ans, ont été rejugées par la cour d’appel de Caen. Le parquet avait fait appel de leur relaxe pour abus de faiblesse.
Vendredi 21 février 2025, deux femmes, mère et fille, âgées de 52 et 29 ans, ont été rejugées par la cour d’appel de Caen. Le parquet avait fait appel de leur relaxe pour abus de faiblesse lors du premier jugement de l’affaire, mardi 16 juillet 2024.
La victime est un homme de 68 ans, habitant de l’agglomération d’Alençon, très isolé géographiquement et affectivement. En avril 2024, il rencontre « par hasard » selon ses dires, deux femmes membres de la communauté des gens du voyage qu’il commence à fréquenter régulièrement.
Des achats inhabituels
Assez rapidement, sa banque alerte ses filles sur des retraits, des chèques et des achats qui ne correspondent pas à ses dépenses habituelles. « Il les conduisait faire des courses à Alençon et dans les environs. Lidl, Intermarché, Micromania, magasin de pièces détachées… c’est lui qui payait. La surveillance policière mise en place après le signalement de la banque a démontré qu’il avait fait plusieurs retraits, accompagné des deux prévenues, dans plusieurs distributeurs. Au total sur une période de deux mois, le préjudice est de 16 000 € », rapporte la Cour.
Un ascendant psychologique peut être pris
L’expert psychiatre qui a examiné la victime a pointé des troubles cognitifs et un isolement avéré. « Dans ces conditions, un ascendant psychologique peut être pris aisément », déclare l’avocat général en requérant une peine de sursis probatoire dont il laisse à la Cour le soin d’apprécier le quantum, avec une obligation de réparer le préjudice.
« Il n’y a pas de démonstration d’abus de faiblesse, il avait la liberté de dépenser son argent comme il l’entendait. D’ailleurs ce n’est pas lui qui a souhaité porter plainte, mais sa fille. On est sur de la morale et non sur du droit », a plaidé Me Minet, avocate des deux prévenues, qui n’était pas présentes, vendredi, à l’audience de deuxième instance. La décision sera rendue le 2 avril.