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Elle accouche en pleine rue : colère contre des « négligences médicale » au Maroc... |
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Khenifra, dans le Moyen-Atlas marocain. © Jacques Sierpinski, Hemis via AFP
Une jeune femme de 17 ans a perdu son bébé à Khenifra, sa famille n’ayant pas pu régler à l’avance la facture de la maternité.
Des dizaines de personnes se sont rassemblées, mercredi 18 mars à Khenifra, pour dénoncer les négligences médicales
observées à la maternité du centre hospitalier provincial de cette ville du Moyen-Atlas. Ce sit-in, organisé par la branche locale de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), intervient en réaction à un épisode sordide vécu par une jeune de 17 ans, obligée d’accoucher d’un bébé mort en pleine rue.
L’obstétricien injoignable
L’histoire remonte au petit matin du 13 mars, quand la jeune femme, prise de contractions, est transportée en urgence à l’établissement hospitalier local. Après une longue attente, elle est soumise à des examens médicaux, puis libérée par le staff de l’hôpital, sous prétexte qu’il ne s’agit que d’un virus
, indique un communiqué de l’AMDH. À son arrivée, l’administration a tenté de joindre l’obstétricien-gynécologue, mais en vain : son téléphone était éteint. Une sage-femme l’a examinée et a conclu que le col de l’utérus était fermé, suggérant que la douleur pouvait être due à une infection. Un sérum lui a été administré, sans effet
, détaille le site d’informations Yabiladi qui relate les propos de la jeune femme.
Déjà des manifestations en 2025
Après une nuit à l’hôpital à attendre l’arrivée du spécialiste, elle est sommée de s’acquitter de frais
avant toute intervention. Incapable de régler le montant et malgré les supplications de sa mère, qui, d’après l’AMDH, a proposé au staff de garder le nouveau-né, le temps de réunir les fonds
, elle se rend dans une clinique voisine. Un médecin y confirme l’urgence de la situation et émet un document stipulant la nécessité d’un accouchement immédiat. La jeune femme accouche alors sur la voie publique. Le bébé, lui, est mort en route
, a-t-elle confié à Yabiladi.
Le Maroc ne dispose pas de chiffres officiels concernant les fausses couches, mais certains spécialistes considèrent que 15 à 20 % des grossesses finissent par un avortement spontané, parfois très précoce, sans que la femme ne s’en rende compte
. À l’été 2025, la mort de huit femmes après des accouchements par césarienne à Agadir servi d’étincelle à une vague de manifestations à l’appel de mouvements de la génération Z.