|
Elle vend sa voiture à un ami et n’est toujours pas payée cinq ans après : l’acheteur au tribunal... |
1
Si les magistrats n’ont aucun doute sur la responsabilité du prévenu, ils ne peuvent que le relaxer : c’est un litige civil, pas pénal (photo d’illustration). © Archives Ouest-France
Une femme avait vendu sa petite « Clio » à un ami, à Alençon (Orne). Cinq ans plus tard, elle n’a toujours pas été payée. Le litige a fini devant le tribunal, ce jeudi 27 février 2025.
Cela devait être une vente assez banale : une voiture contre 500 €. Cinq ans plus tard, la transaction n’est toujours pas réglée. L’affaire s’est terminée au tribunal d’Alençon (Orne), ce jeudi 27 février 2025.
Le 22 décembre 2019, une femme procède à la vente de sa petite Clio pour une somme de 500 €. Elle considère l’acheteur comme un ami. Les papiers de cession sont dûment remplis. L’homme lui remet d’abord 50 €.
Les années passent, les demandes de paiement se succèdent. L’homme ne s’acquitte pas du reste. Elle tente de le joindre par téléphone. « Il change de numéro », raconte son avocate, Me Agathe Gauthier. Elle se déplace chez lui. « Il a déménagé. » Cela n’en finit pas. Elle dépose plainte.
« Promis dans deux mois je paie »
Retrouvé par les forces de l’ordre, « il s’engage à plusieurs reprises à remettre la somme due ». Et pourtant, devant le tribunal d’Alençon, ce jeudi 27 février 2025, la femme assure n’avoir toujours pas vu la couleur des 450 € restants.
« Vous dites aux enquêteurs : “Promis, dans deux mois je paie.” C’était en janvier 2024. On est le combien aujourd’hui ? » demande le juge Éric Martin au prévenu, jugé pour abus de confiance. « On est le 27 », répond l’intéressé, un brin provoquant.
Lire aussi : Dans la salle des pièces à conviction, « caverne d’Ali Baba » du tribunal d’Alençon
Selon lui, « la voiture était dans un état pitoyable ». « Quand on achète une voiture à 500 balles, on ne s’attend pas à une Rolls ! » rétorque le juge.
Mais il y a un problème juridique : « Je suis contrainte de requérir la relaxe car il s’agit d’un litige civil », et non pas pénal, regrette la procureure Cécile Marot-Quéré. Cependant, « grâce à la note d’audience, on a la preuve que vous lui devez 450 €. Elle peut donc faire appel à un huissier. Je vous recommande de la rembourser… » Le tribunal suit ces réquisitions.