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Émile Dubois le dernier cloutier de Tinchebray-Bocage a cessé son activité en 1973... |
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Émile Dubois dans sa forge. La rabatteuse est munie d’un ressort pour accentuer la puissance du choc. © Ouest-France
Les musées du clou et du sabot sont ouverts chaque vendredi après-midi jusqu’à fin septembre, à Tinchebray-Bocage. Émile Dubois fut le dernier cloutier en activité dans la commune.
Émile Dubois était maréchal-ferrant chez Henri et Marie Levée, lesquels tenaient également un café épicerie au village de La Butte. À la retraite du maître forgeron, il reprend l’activité de maréchal. En 1965, après l’avènement des tracteurs, le travail de la maréchalerie diminue fortement. Émile Dubois décide de forger des clous.
Pour cela, pas besoin d’un grand bâtiment. C’est ainsi qu’une cave est transformée en forge. « Cette cave, c’est notre père qui l’a aménagée en forge. Notre père avait récupéré une rabatteuse qui appartenait à Alcide Desdoits, un ancien cloutier. Le billot avait, quant à lui, été récupéré dans un garage tout proche du musée du sabot », témoignent Claude Dubois et Martine Legot, ses enfants.
Le musée du clou dans sa forge
Émile Dubois forgeait des clous pour la société Bouvet, de Chanu.  Nous avons le souvenir de voir arriver le charbon de forge et le fer, qui était quelquefois livré par Émile Colas, lequel travaillait dans l’entreprise.Â
Quel clou fabriquait-il ? Les souvenirs sont vagues, mais peut-être  le bêcheron, une petite pointe courte qui s’adaptait aux sabots, mais aussi certainement le marinier, pour la fabrication des bateaux, pour les coques, les ponts et les bardages et le jardinier, il était destiné à tenir des branches des arbres fruitiers quand ils étaient disposés en espalier le long des murs des maisons.
 Il façonnait aussi beaucoup de clous pour la décoration des portes.Â
Émile Dubois ne fabriquait pas que des clous, il travaillait le métal pour diverses réalisations et il assurait aussi le suivi des burins et pointerolles des maçons. Il a cessé son activité en 1973.
 Après le décès de notre père, en 1995, la commune nous a racheté la forge et l’a rénovée pour en faire le musée du clou, inaugurée en 2002.Â
L’intérieur est resté à l’identique,  mise à part la roue actionnée par un chien pour assurée le tirage du foyer. Notre père utilisait un soufflet.Â
En 2008, la maison du sabotier s’est adjointe au musée, dans un autre bâtiment situé dans la même rue.
Bien que les sujets soient différents, la fabrication des clous, une activité qui battait son plein, courant du XVIIIe siècle, et celle des sabots ont été florissantes. Elles occupaient bon nombre de citoyens dans le Bocage, notamment dans les communes de Saint-Cornier-des-Landes et de Beauchêne.
Dans la forge, Éric Blanc perpétue la tradition
Les deux musées sont ouverts tous les vendredis après-midi, on peut y voir Éric Blanc, le président de l’association des Amis du clou et du sabot, y forger des clous. Il a appris sur le tas. En dehors de l’ouverture, l’intérieur de la forge est visible à tout moment de l’extérieur, par un jeu d’éclairage. Les groupes peuvent visiter et découvrir le travail du forgeron, il suffit de prendre rendez-vous au 07 81 28 74 35.