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En Normandie, la moitié des habitants s’inquiète de la disparition de leur accent, selon une étude... |
Une récente enquête, conduite par la plateforme Preply d’apprentissages de langues en ligne avec l’institut de sondage Censuswide, tend à indiquer que 55 % des Normands ont l’impression que leur accent disparaît. Y a d’tché qu’oppose comme on dit quand on parle patois normand.
La plateforme Preply d’apprentissage de langues en ligne a réalisé une enquête avec l’institut de sondage Censuswide en posant la question : « Ressentez-vous que les accents disparaissent de votre région ? » Mille cinq cents Français, représentatifs de la population française, ont constitué le panel.
« En Normandie, 55 % des personnes sondées pensent que l’accent disparaît, indique Preply. Ce sentiment vers une langue plus lisse est ressenti et partagé dans la majorité des autres régions de France comme la Bretagne (57 %). » Euh là bâ dit (exprime la surprise en patois normand).
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Des accents bientôt lissés ?
Les 16-28 ans, qui forment la génération Z, sont les plus nombreux, à 59 %, à avoir l’impression que l’accent de leur région disparaît. Ce sentiment tombe à 52 % chez les personnes âgées de 61 ans et davantage. Bou diou (bon dieu).
Preply explique que les plus jeunes grandissent et évoluent dans « un environnement linguistique beaucoup plus connecté et normalisé qui uniformise la prononciation avec un accent souvent perçu comme neutre ou standardisé ».
La glottophobie laissée en suspens
On se souvient que Jean Castex, Premier ministre entre 2020 et 2022 et actuel président de la SNCF, qui chérit son accent du Sud-Ouest, avait été moqué.
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En France, en 2020, nous écrivions que 30 millions de personnes parlent avec un accent régional. Dans une étude Ifop parue en janvier 2020, 16 % des Français et des Françaises disent avoir été victimes de discrimination à l’embauche à cause de leur accent.
Le 18 novembre 2020, Christophe Euzet, député de l’Hérault, a présenté une proposition de loi devant l’Assemblée nationale pour lutter contre cette discrimination, qui porte un nom : la glottophobie. Malgré l’adoption de la proposition par l’Assemblée nationale, le Sénat n’a jamais examiné ce texte, laissant cette question en suspens.