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ENTRETIEN. Face à la tuberculose bovine dans l’Orne, « on est dans une impasse et on subit »... |
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Des vaches normandes dans un verger de pommiers en fleurs. © Stéphane Geufroi/OUEST FRANCE archives
Adrien Vaugeois, référent tuberculose bovine au sein des Jeunes agriculteurs du canton d’Athis (Orne), revient sur cette période particulièrement stressante pour les éleveurs du Bocage.
Les élevages du Bocage nord de l’Orne, confrontés à la tuberculose bovine, sont en zone de prophylaxie renforcée. Le référent pour cette maladie pour les Jeunes agriculteurs du canton d’Athis, Adrien Vaugeois, en explique les conséquences.
Le canton d’Athis est particulièrement touché par la tuberculose bovine. Où en est-on actuellement ?
La maladie explose depuis plusieurs années, on a eu pas mal de cas dans le canton. Ça fait sept ans qu’on teste nos bêtes. Le protocole de test, c’est deux injections dans le cou. S’il y a un doute pour une bête, on est obligés de l’abattre. Mais les tests ne sont pas fiables, car les bêtes sont retestées à l’abattoir, et peu sont vraiment positives. Dans le secteur, en mars-avril, trois cheptels ont été totalement abattus et un partiellement. Les éleveurs n’ont pas encore été indemnisés par l’État, que ce soit pour la perte des vaches ou celle du lait. Et ils ne savent même pas combien d’argent ils vont toucher. En parallèle, ils n’ont pas d’aide pour mettre en place la biosécurité. (*)

Adrien Vaugeois, référent tuberculose bovine au sein des JA du canton d’Athis. Ouest-France
Le blaireau est accusé de transmettre la maladie…
On a attrapé 13 blaireaux positifs cette année et on voit de plus en plus de sangliers positifs. Les deux arrêtés préfectoraux [en 2022 et 2023] permettant d’abattre les blaireaux ont été cassés à la demande d’associations environnementales. Ils veulent bien abattre toutes les vaches, mais pas tous les blaireaux… Résultat : les blaireautières sont toujours présentes au pied des fermes. On est dans une impasse, on ne peut rien faire et on subit… C’est dur, au niveau psychologique.
Pourquoi ne pas rentrer vos animaux ?
Pour ceux qui sont dans un secteur AOP [avec des vaches normandes], le cahier des charges nous oblige à sortir les bêtes. De plus, si un troupeau de vaches normandes devait être abattu, il serait très difficile à reconstituer, car il n’y a que peu de normandes disponibles. On voudrait simplement qu’ils arrêtent d’abattre tout le troupeau.
(*) En juillet, le conseil départemental a annoncé une aide de 300 000 € pour aider les agriculteurs à installer une double clôture dans les élevages.