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ENTRETIEN. Nicoletta rejoint la « Maison de retraite » sur TF1 : « C’est un bonheur de faire partie du troisième âge »... |
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Nicoletta débarque ce lundi 23 mars 2026 dans « Maison de retraite, la série ». © © RUBENS HAZON / MY FAMILY / TF1
Ce lundi 23 mars 2026 sur TF1, une nouvelle pensionnaire haute en couleur fait son arrivée dans « Maison de retraite ». Le casting accueille Nicoletta pour les deux derniers épisodes de la série. Un rôle qui a beaucoup plu à la chanteuse. Entretien.
L’établissement Lino Vartan s’apprête à accueillir une nouvelle recrue sur TF1 . Nicole, interprétée par la chanteuse Nicoletta, débarque dans la série Maison de retraite , après l’appel de Jules (Maleaume Paquin), son petit-fils. L’artiste française de 81 ans, qui fait son entrée dans un épisode intitulé Mamie Blues, rejoint donc ses camarades Daniel Prévost, Chantal Ladesou, Liliane Rovère, Michel Jonasz, Firmine Richard, Enrico Macias et Claudette Walker. Pour son plus grand plaisir. Entretien.
Qu’est-ce qui vous a convaincu de rejoindre la série ?
C’est assez facile, parce que j’aime les acteurs, et j’avais vu le film, que j’avais adoré. Tout du long. Et j’ai beaucoup aimé le second. Alors étant donné qu’il y avait Enrico (Macias), que je connais depuis toujours, qui est un amour, Chantal (Ladesou), qui est mon amie depuis plus de vingt ans, que je vois en dehors du travail et qui vient manger à la maison, le petit Michel (Jonasz), que je connais aussi depuis vingt ans, et Daniel Prévost, que j’adore, quand la productrice m’a demandé, j’ai dit oui tout de suite. Il y a quand même des gens très émérites. J’avais envie de le faire.
Qu’est-ce qui vous a plu dans ce rôle créé sur mesure ?
Au niveau de l’écriture, il est formidable. C’est du talent. Il fallait trouver le personnage. C’est une mytho rigolote, parce qu’elle avoue quand même au bout d’un moment. J’ai trouvé ça amusant. Mais tous les personnages sont excellents. Je trouve que c’est une bande de joyeux drilles, c’est extra.
Comment décririez-vous Nicole ?
C’est une femme qui a bien vécu, principalement des deniers de son mari. Alors quand son mari meurt, elle mange tout l’héritage au casino. Et puis elle finit par se retrouver un petit peu dans la dèche. On va peut-être la virer de son appartement. Donc elle vient voir son petit-fils, qui travaille dans l’établissement Lino Vartan, et elle raconte n’importe quoi aux autres.
Nicole est une représentation de la précarité chez les personnes âgées. Était-ce un sujet important pour vous ?
Dans la série, je suis en précarité, donc les autres m’adoptent, c’est ça qui est merveilleux. Et elle représente aussi l’amour pour les personnes plus âgées, là où habituellement on représente beaucoup l’amour des ados. Vous savez, je me suis longtemps occupée de ma grand-mère quand elle était grabataire. C’était vraiment l’amour de ma vie. Je l’ai soignée à domicile et elle est morte dans mes bras. Alors je sais ce que c’est. Au début, c’est dur, les trois ou quatre premiers mois. Je me suis rendu compte qu’elle était comme je me l’imaginais. Elle était très entière, très travailleuse, elle rendait service à tout le monde. Et en la soignant, elle était vulnérable bien sûr, mais j’ai trouvé ma mamie gentille, bonne et formidable.
Cette expérience vous a-t-elle fait aborder cette série sur les personnes âgées et le temps qui passe d’une autre manière ?
Non, je ne pense pas. Au bout d’un moment, on ne se rend plus compte de notre âge. Parce que c’est un bonheur de faire partie du troisième âge. C’est qu’on est toujours en vie. Moi, chaque matin, quand je me lève, je dis merci. C’est un plus, ce n’est pas un moins. Quand je suis à la campagne, dans ma maison, et que j’entends à l’aube le premier chant de l’oiseau, qu’est-ce que je suis heureuse ! Ce sont ces petites choses-là qui font qu’on aime la vie.
Il y a aussi cette histoire d’amour entre Nicole et Albert…
C’est sûrement quelque chose qui va être développé dans la prochaine saison encore, si je continue. J’aimerais, dans de prochains épisodes, que monsieur Albert me gâte ! (Rires) Parce que c’est ce que demandent les gens du troisième âge, être aimés comme des enfants.
Avec cette série, aimeriez-vous changer la vision des maisons de retraite ?
Oui, je trouve que c’est bien parce qu’on en dit beaucoup de mal. On retient plus le mal que le bien de toute façon. Alors on a eu tellement de mal dans les maisons de retraite, mais toutes ne sont pas mauvaises. Je suis allée chanter l’été dernier dans une maison de retraite pour la mère d’une amie. Je suis arrivée à Thonon-les-Bains, et tous les papis et mamies avaient un papier dans la main, ils m’ont chanté Mamy Blue. Du début jusqu’à la fin. J’étais très émue.
Le fait de jouer dans une comédie vous permet-il de montrer une facette différente de vous ?
J’ai déjà fait plusieurs expériences sur scène et dans des fictions. J’étais au théâtre, notamment dans Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny, de Bertolt Brecht, mais c’était très sérieux et très intellectuel. J’ai travaillé pendant deux mois et demi, huit heures par jour, avec des gens de l’opéra. Et j’avais une voix très bronze, très blues. On chantait Moon of Alabama. Après ça, la même année, j’ai fait Quasimodo de William Sheller. J’avais le rôle d’Esméralda et je chantais les vrais textes de Victor Hugo, c’était très spécial. Mais à chaque fois, c’était chanté. Il y avait des parties théâtrales, mais surtout des parties chantées. Puis j’ai eu des rôles dans des films. Mais Maison de retraite est ma première comédie. Moi, j’aime bien le rire. Il amène un caractère. Garder ce côté un peu frivole et souriant, c’est important. Il faut rire au moins cinq minutes dans la journée.
Qu’est-ce qui vous plaît aujourd’hui dans ce métier ?
Ma carrière va bien. Et ce qui est important, c’est d’essayer des choses. Je fais du gospel depuis trente ans et à l’époque, ce n’était pas du tout à la mode. Je suis l’une des premières chanteuses françaises à avoir fait connaître le gospel aux Français. J’ai choisi les églises pour m’exprimer et maintenant, je suis très fière. Parce qu’il n’y a pas un département dans lequel il n’y a pas une chorale de gospel merveilleuse. Je suis ravie, c’est l’essentiel. Je me dis qu’on a fait avancer les choses, c’est formidable. Et il y a une fidélité du public. Aujourd’hui, la grand-mère va ramener la maman, la maman va ramener sa fille. Elles viennent toutes les trois.