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Granville. En grève de la faim pour continuer à vivre dans son camion... |
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Eric est installé sur le parking du Val-ès-Fleurs à Granville, dans son camion. Il vient d’entamer une grève de la faim. © Ouest-France
Cela fait deux ans qu’Éric vit dans un véhicule aménagé. Mais depuis que les règles du contrôle technique se sont durcies, ce Granvillais ne peut plus rouler avec. Il a donc entamé une grève de la faim pour mobiliser l’opinion.
L’histoire
« Ton camion ne passera pas le contrôle technique. » Cette phrase a été le coup de massue de trop pour Eric. Le quadragénaire, originaire de Granville (Manche), mène une vie de bohème, en partie choisie, dans son ancien minibus 9 places qu’il a transformé.
Mais depuis le 20 mai, le règlement a changé. Les fourgons aménagés (cuisine, salon, lits) ayant sur leur carte grise le statut VP (véhicule particulier) ou CTTE (camionnette) peuvent être recalés au contrôle technique pour « non-conformité avec la carte grise ».

À la suite d’un long arrêt maladie, Éric a été licencié en 2017, après une tentative de reprise de travail infructueuse. Depuis, il vit dans son véhicule et se déplace au gré des saisons. « L’hiver, je vais dans le Sud, le climat y est meilleur pour ma santé. » Son itinérance, c’est sa bouée de sauvetage. « J’ai arrêté mon traitement, je me remets d’une dépression longue de dix ans… Aujourd’hui, je vais mieux. »
Eric survit au quotidien avec une allocation invalidité de 636 € par mois mais ne souhaite pas changer son mode de vie actuel en se sédentarisant. « J’adore être sur la route, au contact des gens. »

Un changement sur la carte grise qui coûte cher
Depuis que le responsable du contrôle technique lui a dit que son camion ne pourrait plus circuler, « mon médecin a peur que je rechute » . Un utilitaire « doit rester un utilitaire » , lui a-t-on expliqué. Un cas qui concerne désormais un grand nombre de personnes. L’une des parades consisterait à homologuer sa Peugeot J5 en « véhicule automobile spécifique » (Vasp) sur sa carte grise. Coût : « Entre 600 et 800 €. » Une somme conséquente pour Eric, qui ne peut évidemment pas s’acheter un camping-car.
Le Granvillais s’est lancé depuis quelques jours dans une grève de la faim pour « mobiliser un maximum de gens. Je ne suis pas contre le contrôle technique. Je souhaite mener une action pacifique. J’ai vidé tous mes placards pour ne pas être tenté. Je n’ai plus rien à manger. Ça va être compliqué, mais tant pis ».
Pour contacter Eric : erictao50400@gmail.com ou via sa page Facebook.