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Guerre en Ukraine : quand une start-up ukrainienne de drones dopés à l’IA part à l’assaut de Wall Street... |
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Un opérateur de drones ukrainien, dans la région de Kharkiv (nord-est de l’Ukraine), le 13 août 2022. © WOLFGANG SCHWAN / Anadolu via AFP
Swarmer, une start-up américano-ukrainienne de drones a fait le 17 mars dernier son entrée au Nasdaq, la bourse américaine spécialisée dans les hautes technologies. Et avec un certain succès.
L’information, passée relativement inaperçue, est pourtant un signe des temps. Le 17 mars dernier, une petite start-up nommée Swarmer faisait son entrée au Nasdaq, la bourse américaine dédiée aux nouvelles technologies, où frayent notamment Apple, Amazon, Microsoft, ou Nvidia.
Le carrefour de deux innovations
Contrairement à ses emblématiques nouveaux collègues, Swarmer ne propose pas de services informatiques, de solutions d’e-commerce ou des puces électroniques. Non, son métier, ce sont les systèmes d’intelligence artificielle (IA) pour les drones de combat. Ces logiciels dopés à l’IA permettent notamment de rendre ces drones plus autonomes dans leur navigation en essaim et dans leurs prises de décision, notamment dans la définition de cibles à frapper.
Comme les françaises Alta Arès ou Harmattan AI, Swarmer fait donc partie de cette génération de jeunes entreprises nées au carrefour de deux innovations majeures des dernières années : l’intelligence artificielle, dont les progrès spectaculaires ont été révélés par l’émergence de ChatGPT en 2022, et les drones aériens de combats, indispensables en Ukraine, notamment depuis 2023.

Des soldats ukrainiens manipulant un drone, dans la région de Zaporijjia (sud de l’Ukraine), en août 2025. ANDRIY ANDRIYENKO / ARCHIVES AFP
Des dizaines de milliers de vols en Ukraine
Hasard ou non, Swarmer a été officiellement fondée en mai 2023 par l’Ukrainien Serhii Kupriienko et l’Américain Alex Fink. Les premiers vols de drones équipés de systèmes Swarmer ont eux eu lieu en avril 2024, au plus fort de la crise des munitions qu’a subie l’Ukraine après le blocage d’un important paquet d’aides par les Républicains du Congrès américain, téléguidés par Donald Trump.
Depuis, l’entreprise revendique un total de 100 000 missions, menées par une cinquantaine d’unités ukrainiennes différentes. Ce total est invérifiable de sources indépendantes mais apparaît plausible dans un contexte où les forces armées ukrainiennes utilisent désormais pas moins de 5 millions de drones par an. Ceux-ci ont, sur de nombreux points, remplacé les classiques obus d’artillerie, voire les armes des fantassins.
Une flambée boursière
À cheval sur deux secteurs en forte dynamique, la start-up, qui, en plus de son siège d’Austin (Texas), possède des bureaux à Kiev, Varsovie (Pologne) ou Tallinn (Estonie), n’a donc pas manqué de connaître un certain succès lors de ses premiers jours en Bourse.
Émise à une valeur de 5 dollars (4,30 €), l’action Swarmer a terminé sa première journée de cotation à 31 dollars (26,60 €). Après être brièvement montée jusqu’à plus de 65 (55,90 €), l’action évolue désormais autour des 35 dollars (30 €). Au total, la capitalisation boursière de l’entreprise dépasse désormais les 455 millions de dollars (391 millions d’euros). C’est environ 500 % de plus qu’avant sa cotation.

Des traders à la Bourse de New York, en janvier 2026. MICHAEL M. SANTIAGO / Getty Images via AFP
Dans un Nasdaq en méforme
Cette flambée boursière est d’autant plus marquante que le Nasdaq est depuis plusieurs semaines, sinon plusieurs mois, orienté à la baisse. Après avoir atteint 24 000 points le 29 octobre dernier, l’indice boursier évolue désormais autour de 21 500 points. Les frappes israélo-américaines sur l’Iran ont amplifié une baisse déjà rampante durant l’hiver, du fait des craintes concernant l’éclatement d’une bulle sur l’IA. Bulle qui semble donc épargner Swarmer : cette dernière fait office de figure de proue de la très dynamique industrie de défense ukrainienne.