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Il trouve 23 000 € dans la rue, les rend à son propriétaire et obtient… 18 € en récompense : « Ça me désole »... |
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Le père de famille a trouvé l’argent dans une enveloppe abandonnée près d’un banc public. © Photo d’illustration : Pixabay
En s’essayant sur un banc public après une nuit de travail, un ouvrier argentin a trouvé une enveloppe contenant 37 millions de pesos (23 000 €) en chèques. Il a entamé des recherches et est parvenu à en identifier l’émetteur, à qui il a rendu l’argent. Avec le recul, il estime que sa bonne action n’a pas été décemment récompensée.
Mauricio Abdelnur a le sentiment d’avoir donné beaucoup et reçu bien peu en retour. « Papa, je crois que tu t’es fait avoir », lui a d’ailleurs confirmé Lucas, son fils de 10 ans. L’histoire a débuté fin janvier dernier à Córdoba (Argentine), rapporte la chaîne locale El Doce TV.
« Nous ne l’avions pas fait pour l’argent, mais… »
Après sa nuit de travail, l’ouvrier argentin se pose un instant sur un banc public. « J’ai quitté le travail à 6 heures du matin et je suis rentré chez moi, dans le quartier de Lamadrid. J’ai trouvé une grande enveloppe, un peu déchirée, et à l’intérieur se trouvaient 37 millions de pesos (environ 23 000 euros) en chèques », explique-t-il. De retour à la maison, il s’est ouvert de sa trouvaille à son fils : « Il m’a tout de suite dit : “Papa, tu dois rendre cet argent”. J’ai trouvé ça très touchant ».
Le père de famille lance alors des recherches. À l’aide de l’IA, il parvient à identifier et à localiser l’émetteur des chèques : une grande entreprise agricole basée dans la province voisine de San Luis. Mauricio contacte la société et organise un rendez-vous à Los Boulevares, un quartier de Córdoba.
Au moment de la remise en main propre, l’ouvrier couvre ses arrières. « J’ai photographié chaque chèque et contacté la société par téléphone, retrace-t-il. Par sécurité, j’ai aussi envoyé les photos : imaginez que j’aie rendu 37 millions de pesos et qu’on m’ait ensuite accusé que l’argent avait disparu. J’aurais eu de gros ennuis ».
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« La personne à qui j’ai remis les chèques m’a donné 30 000 pesos. Quelle blague ! 30 000 pesos, soit à peine 18 euros… Maigre récompense il est vrai au regard du temps et de l’énergie dépensés. Nous ne l’avions pas fait pour l’argent, mais mon fils a compris ».
Quand le mieux devient l’ennemi du bien
Mauricio peine aujourd’hui à masquer sa déception. « Ça me désole qu’une entreprise millionnaire m’ait donné si peu, s’agace-t-il. J’ai évité qu’ils subissent une perte, j’ai pris soin de leurs biens et j’ai tout apporté en personne pour que tout se passe bien. Je ne me sens pas traité équitablement ».
Au regard de la loi argentine, l’ouvrier pouvait pourtant prétendre à une récompense plus importante : entre 5 et 10 % de la somme trouvée. Mais pour cela, il n’aurait pas dû régler l’affaire lui-même mais rapporter l’enveloppe à la police qui se serait chargée de l’enquête. En voulant trop bien faire, Mauricio s’est en quelque sorte privé de l’argent qui lui revenait de droit. De cette histoire, il préfère conserver la belle réaction de son fils : « Je suis fier qu’il ait été le premier à vouloir rendre l’argent à son propriétaire », conclut-il.