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Jambes dans le canal à Caen : un suspect qui semble s’être démené pour cacher le crime... |
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Fin juillet 2024 dans le canal de Caen à la mer était retrouvée une première jambe humaine. Une découverte qui mènera à l’interpellation d’un suspect le 5 mai 2025. © Archive Martin ROCHE/ Ouest-France
L’homme de 28 ans, soupçonné d’avoir démembré un trentenaire, tué en septembre 2023 à Caen (Calvados), a été placé en détention provisoire, après sa mise en examen pour meurtre le 7 mai 2025. Le suspect semble avoir fait preuve de beaucoup de détermination pour dissimuler le crime, laissent apparaître les investigations de la gendarmerie.
Après sa mise en examen pour meurtre par un juge d’instruction de Caen, mercredi, un suspect a été placé en détention provisoire, dans la soirée. Lundi 5 mai 2025, l’homme de 28 ans avait été interpellé près de Rouen, où il était pris en charge pour sa toxicomanie, après avoir séjourné à Alençon.
Il est soupçonné d’avoir étouffé Jonathan Lecompte, en septembre 2023, lors d’une soirée émaillée d’alcool et de drogues, comme Ouest-France le rapportait jeudi. La scène s’était déroulée au domicile du suspect. Qui semble avoir fait montre d’une certaine organisation pour dissimuler le crime, d’après les investigations menées de façon minutieuse par les gendarmes de la Section de recherches de Caen.
Le soir même de l’acte fatal, le mis en cause aurait revêtu les habits de sa victime pour sortir de l’immeuble sous l’œilleton d’une caméra de vidéosurveillance dont il connaissait l’existence. Puis, pour consolider son alibi, il lui aurait adressé un SMS le lendemain pour s’inquiéter de n’avoir pas de nouvelles.
Découpage avec une scie
Conservant le corps sur le balcon de son domicile, emballé dans une couverture et une toile de tente, il doit s’en débarrasser lorsqu’il s’en trouve expulsé, en avril 2024. C’est là qu’il décide de le démembrer, « en une dizaine de morceaux à l’aide d’une scie », a indiqué le procureur de la République de Caen dans un communiqué.
Il « tente d’immerger » les deux jambes dans le canal. Mais insatisfait de la méthode, il dissimule les autres parties soigneusement emballées « au fond du jardin du pavillon de sa mère, à l’insu de celle-ci ». C’est la découverte des membres inférieurs à l’été 2024 qui, via l’analyse ADN, a permis de remonter à l’entourage de la victime.
Les enquêteurs ont pu reconstituer l’intégralité de la dépouille, le 6 mai. Une opération délicate mais nécessaire pour permettre aux proches du trentenaire d’entamer leur deuil.