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L'Aigle. Des expos pour faire vivre un lieu du patrimoine... |
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Olivier Beer, propriétaire de l’hôtel Colombel, présente les 100 photos de son exposition, des compositions en noir et blanc de Lucien Hervé, photographe de Le Corbusier. © Ouest-France
L’immeuble des Dames de Marie vient de trouver de nouveaux propriétaires. Les artistes acquéreurs présentent deux expositions en ouverture de ce lieu patrimonial baigné de lumière.
Un samedi de juin en centre-ville, des piétons remontent la rue des Émangeards, cherchant une nouvelle expo au bâtiment du numéro 28, à l’hôtel Colombel de la Rousselière. Perplexes, ils s’interrogent : mais où sont passées les Dames de Marie ?
L’immeuble, connu des Aiglons, est resté jusqu’à récemment propriété du diocèse, il a accueilli une école maternelle puis des salles paroissiales pour le catéchisme. Les magnifiques rosiers en fleurs au pied des façades invitent à la visite.
Devant le portail, les nouveaux propriétaires viennent les accueillir et confirment : « Oui, c’est bien là le vernissage de notre première exposition ! J’ai acquis récemment cet immeuble avec Ophélie Asch, ma compagne artiste peintre », lance Olivier Beer.
Un écrin de choix pour les photographies
Ce dernier évolue dans le monde des arts depuis toujours. Scénariste et auteur, il a monté beaucoup d’expositions, et consacre celle-ci à Lucien Hervé, photographe attitré de l’architecte Le Corbusier. Ami de Lucien Hervé et sa famille, Olivier Beer a réuni pour l’exposition une centaine d’œuvres photographiques provenant du musée du Jeu de paume, à Paris, et de la collection personnelle de la famille Hervé. Olivier Beer est également l’auteur de L’Homme construit, une monographie de Lucien Hervé (éditions du Seuil, collection L’œuvre photographique.)
Dans les pas d’Olivier Beer, l’ambiance des belles demeures d’antan enveloppe le visiteur en montant l’escalier. Des parquets où le bois entrelace les dalles de pierre et réchauffent les grandes pièces baignées de la lumière des fenêtres.
Un couloir insolite bordé d’un alignement de lavabos avec robinet à l’ancienne, surplombés de miroirs à hauteur d’enfants, fait sourire. J’ai voulu commencer l’exposition ici, pour que l’œil s’habitue, rebondissant de photo en photo
, montre-t-il le bras levé vers le chemin de photos.
Simplicité des formes, organisation, rigueur, définissent le langage de Le Corbusier et Lucien Hervé… Ils font de la lumière une matière à part entière »,
peut-on lire sur la toile pour définir le style du duo célèbre de l’architecte et du photographe.
Pour traduire les visions entre rigueur et humilité de ces photographies »,
Olivier Beer a voulu s’imposer lui aussi de la rigueur dans l’accrochage ».
Les formats carrés et rectangulaires invitent à s’approcher. On peut se fondre dans les formes, capter ces visions obtenues grâce au regard de l’artiste photographe. Dans le registre archéologique, ou le portrait, sur un chantier, on y voit la vie des bâtiments et l’architecture des corps
… Ou tout simplement l’âme des choses.
Tout l’été, l’exposition d’Olivier Beer et « La forêt » (lire ci-contre) sont visibles sur rendez-vous au 28, rue des Émangeards. Réservations à l’adresse mail olivierbeer01@gmail.com