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La dentelle et ses sculptures soulignent la beauté du monde... |
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L’artiste a, selon ses propos, « fait sa maison » de la galerie des Tanneurs, transformé en « tunnel de lumière » jusqu’au 7 avril. © Ouest-France
Marjolaine Salvador Morel, plasticienne, bouscule les frontières entre son savoir-faire dentellier et une écriture plastique révélant le vivant et le spirituel, le visible et l’invisible.
L’exposition de la plasticienne Marjolaine Salvador Morel, proposée par le Fonds Départemental d’Art Contemporain (FDAC), s’est ouverte vendredi sous le signe du savoir faire dentellier et de la lumière que fait éclore l’artiste de ses œuvres. Cette exposition, grâce au FDAC, va envelopper la ville et la galerie des Tanneurs, d’un courant de liberté, d’audace et d’insolite, pendant un mois
remerciait Philippe Van Hoorne, maire et conseiller départemental.
L’installation de Marjolaine Salvador Morel, conjugue à merveille le savoir-faire ancestral et la plongée dans l’art contemporain. La jeune femme, ornaise d’origine et de cœur
, admet faire de chaque lieu sa maison, car c’est à chaque fois une nouvelle histoire
. Ici, à L’Aigle, en venant pour la première fois à la salle des Tanneurs,
j’y ai vu un espace sombre tout en longueur, qu’il a fallu mettre en lumière avec l’aide des techniciens pour que mes cariatides y trouvent leur place. »
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Une artiste « née dans la dentelle
L’artiste revient sur son histoire. Joyeuse et ravie de transmettre, elle se dit « née dans la dentelle ». Ce qui s’explique en effet par son histoire. Ma maman était dentellière.dès l’âge de six ans, j’ai appris la technique de la dentelle et en parallèle devient enseignante en arts plastique
s. » Convaincue de l’importance des rencontres dans la vie de chacun,
Marjolaine Salvador Morel évoque celle, formidable, avec une dame aveugle, pour qui elle a déconstruit le point d’Alençon, grossissant le fil afin de permettre la perception des points par le toucher. Cette déconstruction des fils et des points m’a guidée vers mon nouveau langage artistique,
et le fil de nylon, translucide qui laisse passer la lumière, a remplacé le fil de coton ou de lin. Ses créations s’inspirent de longues contemplations de la nature, du cycle de la vie, de la minuscule araignée qui tisse sa toile à l’évanescence d’une goutte d’eau. L’univers poétique de l’artiste est tout en résonance avec le vivant, ses œuvres s’appellent « Canne à pêche des Anges, Cocon, ou Cariatides gardiennes du temple », elles invitent au voyage.
Exposition de Marjolaine Salvador Morel à la galerie des Tanneurs jusqu’au 7 avril. Entrée libre, les mardis, mercredis et samedis de 14 h 30 à 18 h.