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Le festival Sard montre à Rennes le cinéma palestinien d’hier et d’aujourd’hui... |
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Le film Palestine 36 est une fresque historique qui mélange images d’archives et fiction. La réalisatrice Annemarie Jacir évoque la révolte arabe, de 1936 à 1939, destinée à faire émerger un état indépendant. © Haut et Court
Alors que le Moyen Orient est plongé dans la guerre, le festival Sard revient à Rennes. Du 23 au 29 mars 2026, il va faire entendre la diversité des voix palestiniennes à travers le cinéma et les images d’archives.
Il y a une nécessité de raconter, explique Husam Hindi, Rennais d’origine palestinienne, coorganisateur du festival Sard. Tous les gens comme moi, de mon âge, connaissent par cœur cette histoire de Nakba. Mon père, mon grand-père, tous les jours ils m’ont parlé de retour, de terre.
Nakba, mot arabe qui signifie « grande catastrophe », fait référence à l’exil forcé des Palestiniens après la guerre de 1948.
Cette année, le festival remonte le temps avec trois générations de cinéastes : Mustafa Abu Ali (1940-2009), Mohammad Bakri (1953-2025), Annemarie Jacir née en 1974, ou Leila Abbas née en 1980. Des réalisateurs plus jeunes sont également invités : Ces nouvelles générations racontent leurs récits de là où ils habitent. Et elles s’affirment en décrochant des prix » : P
alme d’or du court-métrage à Cannes, ( «I’m glad you’re dead now » de Tawfek Barhom), prix de la mise en scène Un certain regard (« Once Upon a Time in Gaza » de Arab et Tarzan Nasser), le Grand prix du court-métrage documentaire à Clermont-Ferrand («Intersecting Memory » de Shayma Awawdeh)…

« Once upon a time in Gaza » de Tarzan Nasser Arab Nasser, primé à Cannes dans la sélection Un certain regard. Dulac Distribution
Le festival continue de programmer des films de la collection From Ground Zero, demandés depuis le 7 octobre 2023, par le réalisateur Rashid Masharawi, à ses homologues basés à Gaza. Ce sont des témoignages, mais aussi les archives de demain »,
se félicite Anaïs Pitkevicht, coorganisatrice. Comme le making off du film « Ce qu’il reste de nous » de Cherien Dabis en tournage en Cisjordanie quand la guerre a éclaté. Le réalisateur suit l’équipe du film et l’impact de la guerre sur les artistes.
Les films palestiniens ont longtemps été distribués au compte-goutte. Mais dans la cinématographie de 2025, Hussam Hindi a repéré seize films qui abordent le conflit. La fiction, c’est l’art de l’empathie, elle permet aux spectateurs de comprendre les histoires, en se mettant à la place des personnages.
Du 23 au 29 mars 2026, à Rennes, https://festivalsard.fr/portfolio/.