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Mortagne. Atemax : le « oui mais… » de l’enquête publique

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photo  le site atemax de saint-langis-les-mortagne devrait voir une troisième cheminée en service en 2022.  ©  dr 1

Le site Atemax de Saint-Langis-les-Mortagne devrait voir une troisième cheminée en service en 2022. © DR

Mi-novembre, le commissaire-enquêteur a rendu un avis favorable au projet de l’usine d’équarrissage de Saint-Langis-lès-Mortagne (Orne) qui transformerait des farines animales en gaz de synthèse. Mais il demande aussi à Atemax d’avoir une communication mieux accessible au public.

Passage obligé pour le projet de la société Atemax de transformer une partie de ses farines animales en gaz synthèse, le rapport d’enquête publique déposé le 13 novembre 2020 sur le bureau de la préfète à Alençon aboutit à un avis favorable. Un « oui » assorti d’un « mais », car le commissaire-enquêteur y ajoute plusieurs réserves : Atemax doit « rendre plus lisible la présentation du bilan odeur » et en publier les résultats sur son site internet ; la société doit aussi réaliser « une étude des niveaux sonores un an maximum après la mise en service de l’installation » ; enfin, elle doit réaliser une nouvelle étude de dispersion des rejets atmosphériques après cette mise en service espérée à l’été 2022.

Pas d’avis défavorable des communes

Pour Mortagne-au-Perche et ses environs, l’ambition de l’usine est « LE projet environnemental de ces prochaines années », selon Philippe Blutel, maire de Saint-Hilaire-le-Chatel.

Lors de l’enquête publique (14 septembre – 13 octobre), les conseils municipaux des douze communes géographiquement concernées par ce projet devaient se positionner. Sept ont émis un avis favorable : Bazoches-sur-Hoëne, Boëcé, Courgeoût, La Mesnière, Saint-Langis-lès-Mortagne, Sainte-Céronne et Saint-Hilaire, cette dernière commune l’assortissant de plusieurs réserves. Mortagne, Loisail, Réveillon et Villiers-sous-Mortagne n’ont pas délibéré avant la date butoir.

Communication minimaliste

Invités comme les autres à donner leur avis, les élus de Tourouvre-au-Perche se sont abstenus, par « manque de clarté et de communication sur le projet ». Ils ne sont pas les seuls à penser ainsi. « Affichage minimum, aucune réunion publique… Que veut-on nous cacher ? » interroge Louis Vallin, de l‘association Air du Perche.

L’absence de réunion publique, Atemax l’assume : « Nous avons des doutes sur l’utilité réelle de ce genre de réunion, reconnaît le directeur Christophe Guérin. Nous préférons une communication ciblée ». À savoir deux articles dans la presse locale (juin et décembre 2019), une présentation aux élus de la communauté de communes (décembre 2019) et devant la commission de suivi du site Atemax (fins 2018, 2019 et 2020) auxquelles étaient présents les représentants des riverains et des associations environnementales. Et deux autres devant les conseils municipaux de Saint-Hilaire et Bazoches, cet automne.

L’entreprise estime cela suffisant. Un avis que ne partage pas du tout le commissaire-enquêteur : il souligne que, même si la seule obligation légale reste l’enquête publique, « il n’y a pas eu de véritable concertation en amont ».

Son rapport se conclut ainsi : « Atemax ne réalise pas à quel point son sujet d’expertise est loin du public. Même si l’exercice [de vulgarisation et de communication, NDLR] est difficile, la société doit s’adapter et rendre la lecture accessible à tous ».

Un dossier de 621 pages

Sur un sujet pourtant sensible (Atemax, c’est pas mal d’emplois et beaucoup d’odeurs), l’enquête publique a été paradoxalement très peu suivie : seules dix personnes et quatre associations se sont exprimées. Mais les « observations pertinentes » de ces dernières ont permis à Atemax de répondre à leurs questions, note le commissaire-enquêteur qui déplore que la complexité du dossier « n’encourage pas le lecteur à y chercher l’information ». D’autant plus que le dossier est lourd de 621 pages…

Qu’en pensent les associations ?

L’association Air du Perche demande le retrait pur et simple du projet. « D’abord les carcasses, puis les boues et maintenant les farines animales. Qui nous dit que l’extension de l’usine ne s’arrêtera pas ? pointe Louis Vallin. De plus, il faudrait avoir un organisme indépendant pour mesurer la qualité de l’air à Mortagne. »

La Coordination des associations de riverains des usines d’équarrissage (Carue) reste aussi très circonspecte : « Je ne crois pas qu’un seul oxydeur puisse régler le problème des odeurs, avance la Havraise Annie Leroy, présidente de la Carue. Les rapports d’activité d’Atemax sur les nuisances olfactives ne sont pas suffisamment sincères. Et les riverains de l’usine Atemax d’Étreux Vénérolles (Aisne) n’en peuvent plus des odeurs… »

Toutes ne sont pas sur la même ligne. Par la voix de sa présidente Jacqueline Sarem et de son vice-président Jean-Paul Daveau, Perche avenir environnement rend ainsi un avis motivé de quatre pages en concluant que le projet « paraît de nature à améliorer le bilan environnemental » d’Atemax. Quant à l’association Mortagne en transition, elle pose de nombreuses questions sur le projet, sans avoir d’avis tranché sur son éventuelle dangerosité ou son utilité.

 
François BOSCHER.    Ouest-France  

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