|
Municipales à La Ferté-Macé. Michel Leroyer vainqueur d’une courte tête... |
5
Michel Leroyer, sous le coup de l’émotion, savoure sa victoire avec ses soutiens après la proclamation des résultats. © Ouest-France
Le suspense aura duré jusqu’au bout à La Ferté-Macé, dans l’Orne. Si le score est serré, Michel Leroyer s’impose à l’issue de ce second tour des élections municipales. Le vainqueur veut rapidement mettre le cap vers une sortie de Flers agglo.
55 voix. C’est ce qu’il a fallu à Michel Leroyer pour s’imposer, dimanche 28 juin, à La Ferté-Macé (Orne), face à José Collado. 55 petites voix. C’est peu. Mais c’est suffisant pour porter sa majorité au conseil municipal, avec 25 sièges contre 8 pour l’opposition. C’est aussi suffisant pour montrer que plus de la moitié des votants (51,31 %) sont favorables à la sortie de La Ferté-Macé de Flers agglo.
Car c’est bien ça qui, depuis plus d’un an, a cristallisé toute la campagne dans cette commune de 5 200 habitants. Sortir ou non de Flers agglo. Le scrutin a rapidement pris des airs de référendum. Et le sujet n’a pas laissé les électeurs inertes : 57,15 % d’entre eux sont allés voter, là où la participation ornaise atteint difficilement les 40 %.
« Assumer nos responsabilités »
Quelques minutes avant la proclamation des résultats, Michel Leroyer sait qu’il a fait la course en tête tout le long du dépouillement. De quelques voix. Mais quand même. Malgré tout, il dit avoir « vécu ce second tour comme un premier. Je ne savais pas du tout ce que les Fertois allaient faire de cette élection. » Finalement, 1 077 personnes lui ont accordé leurs voix. C’est 251 de plus qu’au premier tour.
Lorsque Noëlle Poirier, maire de La Ferté-Macé par intérim depuis la démission de Jacques Dalmont, verbalise sa victoire une partie de la foule présente scande des « Michel ! Michel ! » à tout va. Dans le camp Collado, on fait grise mine. Leur leader n’est pas encore arrivé, mais la défaite, elle, est bien là.
Au micro, Michel Leroyer, des trémolos dans la voix et l’œil rougi, affirme devant la foule qu’avec son équipe, « nous sommes prêts à assumer les responsabilités que les Fertois et les Fertoises nous ont confiées. » Autrement dit la sortie de Flers agglo pour l’intégration à la CDC Andaine-Passais. Une fois son discours terminé, le sexagénaire submergé par l’émotion s’autorise un petit bain de foule. Yves Robillard, qui avait retiré sa liste à son profit à l’entre-deux tours, a fait le déplacement, baskets aux pieds, pour le féliciter.
Une ville coupée en deux ?
Puis c’est au tour de José Collado, 55 ans, de grimper les marches pour faire face à la foule. Et reconnaître sa défaite avec un score de 48,68 % des suffrages (1 022 voix). Pour lui, l’issue de ce scrutin montre « une ville coupée en deux, à quelques dizaines de voix près ». Cette déclaration lui attire les sifflets. « Les Fertois vont payer la fracture de cette sortie de Flers agglo, et aussi la facture si sortie il y a. »
Cette fois, les sifflets s’agrémentent de noms d’oiseaux à son encontre dans le parterre du public. Pas très fair-play. Malgré tout, celui qui est aussi conseiller départemental tient à terminer son discours. Une fois le micro posé, le candidat malheureux dit vouloir être « dans une minorité constructive » lors de ce mandat municipal. « Je représente la moitié des Fertois qui ne veulent pas de cette séparation. »
De son côté, Michel Leroyer dit vouloir se mettre rapidement au travail pour sortir de Flers agglo. Reste à savoir si cette promesse de campagne va être réalisable. Affaire à suivre.