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Normandie. Élu le samedi, le maire démissionne deux jours plus tard... |
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Dominique Busson (3e en partant de la droite) est en délicatesse avec les membres de son conseil municipal. En cause, le choix du premier adjoint. © Ouest-France
C’est la stupéfaction à Boucé, petit village de 600 âmes dans l’Orne. Le nouveau maire Dominique Busson, élu samedi 23 mai lors de l’installation du conseil municipal, a démissionné… deux jours plus tard. En cause, un différend avec les membres de son équipe sur le choix du premier adjoint.
« Unis pour Boucé. » Tel était le nom de la liste conduite par Dominique Busson, cadre d’entreprise de 62 ans, pour les élections municipales de Boucé, un petit village de 600 habitants situé à une quinzaine de kilomètres, au sud d’Argentan (Orne). Seule en lice, la liste s’était imposée sans surprise lors du premier tour du scrutin, en mars.
De l’incompréhension chez les conseillers
Mais l’union affichée n’aura été que de courte durée puisque l’installation du nouveau conseil a tourné au vinaigre. « M. Busson a voulu imposer un premier adjoint qui ne plaisait pas à la majorité du conseil, explique Jean-Philippe Hamard, l’un des conseillers. Il avait évoqué ce choix avec quelques personnes avant, mais pas avec tout le monde. »
Conséquence : Dominique Busson a été élu maire de la commune d’une courte tête avec seulement 8 voix sur 15, le reste étant réparti entre six bulletins blancs et un mentionnant le nom d’une autre personne. Cependant, le déroulement de la séance a basculé lors de la désignation des premier et second adjoints car le favori de l’édile, André Foyer, a été battu pour les deux postes, respectivement par neuf voix contre six et neuf voix contre cinq plus un blanc. Les fonctions sont donc revenus à Brigitte Messager et Maryline Brindeau.
Suspendu au verdict de la préfecture
Un résultat qui n’a guère plu à Dominique Busson. Il a écrit, lundi 25 mai, à la préfète de l’Orne pour lui notifier sa démission. Soit deux jours après son élection. « Ce n’est pas un moment agréable, je le reconnais, mais je donnerai mon point de vue et mes explications ultérieurement aux gens qui ont voté pour moi, par respect et devoir », indique l’intéressé.
Comme le prévoit la législation, c’est le représentant de l’État dans le département qui détient le pouvoir de valider ou non ce type de requête. « Les maires et adjoints élus à la suite du premier tour étant entrés en fonction, leur démission peut prendre effet, sous réserve de l’acceptation du préfet ou de l’expiration du délai d’un mois après une nouvelle demande », peut-on lire dans l’ordonnance du 8 avril 2020, visant à assurer la continuité de l’exercice des fonctions exécutives locales durant l’état d’urgence sanitaire.
En attendant, l’élu est contraint d’exercer ses fonctions jusqu’à l’installation de son ou sa successeur(e). Dans le village, on regrette une telle situation. « Je lui ai demandé de me succéder car j’estimais qu’il était compétent malgré quelques différends. Il faut savoir être consensuel : c’est dommage d’en arriver là », soupire Jacky Coursière, son prédécesseur. « On regrette que ça se passe comme cela mais maintenant, on aspire à une seule chose : retrouver une unité et un peu d’apaisement », conclut Jean-Philippe Hamard.