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Orne. Les voisins se menacent avec une barre en plastique et un tuyau d’arrosage... |
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Le conflit de voisinage dure depuis plusieurs années. © Archives Ouest-France
Mardi 27 octobre 2020, un homme de 49 ans a été condamné, par le tribunal d’Argentan, à du travail d’intérêt général pour avoir menacé son voisin avec une barre en plastique. Son voisin, qui avait brandi un tuyau d’arrosage, a déjà été jugé dans cette affaire de violences réciproques.
 On est clairement dans le cadre des enfantillages »,
s’agace le procureur de la République ce mardi 27 octobre 2020. À la barre, le prévenu, âgé de 49 ans, qui comparaît pour violence avec menace d’une arme, raconte que le 17 juillet 2020, à Sainte-Gauburge-Sainte-Colombe (Orne), son voisin s’est présenté  avec un grand tuyau ».
 Il voulait entrer chez moi. Je me suis saisi d’un bâton en plastique (une barre servant de seuil de porte en l’occurrence), je lui ai juste présenté pour ne pas qu’il entre.Â
 Vous l’avez menacé avec »,
replace la présidente.
« Il m’a menacé avec un tuyau ! Je me suis défendu »
 Lui m’a menacé avec un tuyau ! Je me suis défendu. Je n’ai pas tapé, je ne l’ai pas touché ! »,
réplique le prévenu.  Le simple fait d’être menaçant envers quelqu’un peut constituer des violences, notamment psychologiques »,
lui explique la présidente.
L’homme est en conflit avec son voisin depuis plusieurs années. Dans ce dossier de violences réciproques, le voisin a déjà été condamné, dans le cadre de la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. Il a écopé d’une peine de quatre mois de prison avec sursis probatoire pendant dix-huit mois.
L’avocat de la victime réexplique qu’il s’agit de  violences croisées dans cette affaireÂ
et demande 600 € de dommages et intérêts.
« On attend une meilleure réaction, même si son voisin est pénible »
De son côté, le procureur estime  qu’on attend une meilleure réaction de sa part, même si son voisin est pénible. Il devrait battre en retraite, rester chez lui et demander l’appui de la gendarmerie ou du maire.Â
Le Parquet requiert une peine de 105 heures de travail d’intérêt général à l’encontre de l’homme qui est sous le coup d’un suivi sociojudiciaire.
 Quand vous êtes agressé chez vous, il faut bien agir. Et dans l’urgence, on peut prendre de mauvaises décisions »,
plaide l’avocate du prévenu.
Le tribunal a condamné ce dernier à 70 heures de travail d’intérêt général à effectuer dans un délai de dix-huit mois, sinon il risque deux mois de prison. L’homme devra par ailleurs verser 50 € à la victime au titre du préjudice moral.