|
Prix du carburant : pour limiter la flambée, le gouvernement veut faciliter les hausses de production des raffineurs... |
1
La raffinerie de de Port-Jérome-Gravenchon (Seine-Maritime), en 2021. © JARA ME HOUYVET / ONLY FRANCE VIA ARCHIVES AFP
Le gouvernement a indiqué ce lundi 23 mars vouloir faciliter les augmentations de capacités de production des raffineurs présents en France. Une mesure qui vise à lutter contre la hausse des prix des carburants née du conflit au Moyen-Orient.
Les raffineries françaises sont appelées à accélérer la cadence. Face à la hausse des prix à la pompe, qui fait suite aux frappes israélo-américaines sur l’Iran et à la fermeture du stratégique détroit d’Ormuz, le gouvernement a sollicité ce lundi 23 mars 2026 les raffineurs présents sur le territoire français pour les encourager à augmenter leur capacité de production.
« Alléger la tension sur les marchés »
Selon un courrier consulté par l’Agence France-Presse (AFP), le gouvernement veut ainsi « alléger la tension sur les marchés des produits raffinés en Europe » notamment « si cette situation venait à perdurer dans le temps ». En d’autres termes, en aidant les raffineurs à augmenter leur production, même de manière limitée, le gouvernement entend contribuer à limiter les hausses des prix à la pompe.
En parallèle de la lettre envoyée ce lundi, le gouvernement promet que les demandes d’autorisations qui lui seront soumises par des raffineurs et portant sur des modifications de procédés visant à augmenter la production seront étudiées dans un délai de 72 heures.
Surtout pour le gazole
L’annonce du gouvernement, d’une ampleur relativement limitée, vise surtout à augmenter les capacités de raffinage en diesel ou en carburéacteurs (ceux utilisés dans les avions, notamment), qui sont insuffisantes en France. « On importe 50 % de notre gazole du Moyen-Orient », rappelle un conseiller du ministère de l’Energie. Ce manque s’illustre notamment par un prix du gazole qui a augmenté plus fortement que l’essence depuis l’éclatement de la guerre au Moyen-Orient.
« Mais nous ne pourrons pas remplacer l’intégralité des capacités de raffinage auxquelles nous n’avons plus accès dans le Golfe persique », prévient un conseiller de Bercy.
La raffinerie de Gravenchon en première ligne
Cette lettre aux gérants des six raffineries de France a été émise à la suite d’une réunion organisée la semaine passée au ministère de l’Economie et des Finances. North Atlantic, la société qui gère la raffinerie de Gravenchon (Seine-Maritime), qui est la 2e plus importante de France, avait notamment indiqué pouvoir augmenter légèrement sa production. Elle avait ensuite demandé aux services de l’État l’autorisation de stopper les opérations de maintenance en cours pour reprendre le raffinage. Les autres raffineurs français, notamment TotalEnergies, n’en sont pour le moment pas à ce stade.