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REPORTAGE. Géomètre topographe, Alban Gontier fixe les limites, sans dépasser les bornes... |
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Géomètre topographe, Alban Gontier se retrouve souvent seul sur le terrain. « Il faut savoir être autonome. » © Martin Roche/Ouest-France
Chaque samedi, Ouest-France présente un métier. Ce 26 août, rencontre avec Alban Gontier, géomètre topographe à La Ferté-Macé (Orne). Appelé pour déterminer les contours périphériques d’une parcelle, il mesure les points avec une station totale robotisée et un GPS, avant de dessiner les plans. Un travail de précision.
Le maire de Rives-d’Andaine (Orne) a fait le déplacement. Le chemin communal va être racheté par un riverain, il s’agit de délimiter les propriétés de cette ruelle fleurie avant de pouvoir faire la division. Sous l’œil observateur de l’édile et des voisins, Alban plante ses balises oranges.
En amont, le géomètre topographe a étudié tous les précédents plans qu’il a pu récupérer, dans les archives de ses collègues, auprès du cadastre, des propriétaires. Pour cette allée en cul-de-sac, « on avait deux bornes existantes, et une cote sur un plan ancien de 1993 ».
Armé d’une grosse masse, Alban a positionné trois nouvelles bornes sur les pourtours de la parcelle et un clou au milieu de la voirie, qui fixe aussi les limites de propriété, sans gêner la circulation. Pas de complication sur ce dossier, les protagonistes s’étaient mis d’accord en amont pour savoir où diviser.
Sinon, Alban se fie « aux éléments existants, les bâtiments, les clôtures, une haie ». Il s’appuie sur le cadastre en dernier lieu, car « il ne fait pas loi et n’est pas précis ».
Embauché à la suite de son apprentissage
Après avoir tiré ses ficelles pour vérifier l’alignement et déterminé les points de division, il récupère les titres de propriété auprès des voisins puis démarre les mesures. Alban Gontier, 25 ans, s’est formé au cours des deux années du BTS Métiers du géomètre topographe et de la modélisation numérique, à Argentan.
Il a suivi la deuxième année en alternance au sein du cabinet de géomètre-expert Géomat à Fougères, qui l’a embauché à la fin de ses études, à l’agence de La Ferté-Macé. Depuis quatre ans, il manie la station totale robotisée avec aisance.

Pour fixer les limites de la propriété, Alban Gontier se fie « aux éléments existants, les bâtiments, les clôtures, une haie ». Martin Roche/Ouest-France
La machine, solidement ancrée sur ses trois pieds, est contrôlée à distance par le « carnet », planté sur un mât. Alban le trimballe de borne en borne.
« L’appareil vise le prisme de la station et prend le point là où je suis », décrit le géomètre. L’instrument mesure angles et distances. Alban utilise ensuite un autre outil pour obtenir les coordonnées GPS, puis compile ces deux jeux de données pour calculer les points et établir son plan.
« Je passe environ 40 % de mon temps sur le terrain et le reste au bureau. » Un bureau qu’il partage avec deux collègues. Sur le terrain, il est le plus souvent seul. « Il faut savoir être autonome. »
Des mesures en trois dimensions
Bornage périmétrique pour une division de lots, des terrains à bâtir, le géomètre est en lien avec les agents immobiliers, les notaires, les architectes ou constructeurs. Il peut aussi être missionné par une commune, un département, pour réaliser des plans topographiques.
Il relève alors tous les bâtiments de la zone à étudier mais aussi les éventuels trottoirs, les caniveaux, les arbres, les panneaux de signalisation… « Tout ce qui se trouve au sol » est mesuré, en trois dimensions, y compris l’altitude.
Alban a toujours été attiré par ce métier. Au collège, déjà, il avait fait un stage de découverte dans un cabinet de métreur. « Le métier de géomètre est plus complet, estime-t-il. On ne fait pas que les plans, on prend nous-même les mesures, sur le terrain. » 40 % de son temps.
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