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Trafic de chevaux entre la Normandie et la Hongrie : trois hommes devant le tribunal, des centaines de chevaux concernés... |
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De nombreux centres équestres sis un peu partout en France ont eu recours aux services des prévenus de cette affaire pour effectuer l’acquisition de chevaux et autres poneys. © Archives Ouest-France
Entre janvier 2021 et septembre 2024, y a-t-il eu un important trafic de chevaux entre la France et la Hongrie ? C’est ce que devra déterminer le tribunal d’Évreux (Eure) dans les prochaines semaines. Mardi 10 mars 2026, le procès de quatre hommes, soupçonnés d’avoir participé à cette entreprise internationale, a débuté. Le verdict est attendu le 9 avril 2026.
L’heure des explications a enfin sonné, mardi 10 mars 2026, au tribunal d’Évreux (Eure). Après deux renvois successifs en mars puis en juin 2025, l’affaire d’un présumé vaste trafic de chevaux a été jugée. Du moins, les débats contradictoires se sont déroulés sereinement, puisque l’affaire a été mise en délibéré.
Le dossier pénal est singulier, puisqu’il n’a pas fait l’objet d’une instruction. « Je regrette que ce dossier ne soit pas parti à l’instruction, a souligné Me Carole Guillemin, l’avocate d’un des trois prévenus présents à l’audience. Cela aurait permis d’engager des mandats d’arrêts internationaux à l’encontre des quatre protagonistes hongrois qui sont aujourd’hui absents. »
Des chevaux impossibles à enregistrer
Dans cette affaire, quatre prévenus doivent répondre de faits de trafic essentiellement avec la Hongrie, entre janvier 2021 et septembre 2024. Trois des quatre prévenus étaient présents à l’audience.
Outre « l’introduction sur le territoire d’animaux », « le transport d’animal vertébré vivant non identifié ou non enregistré », « faux et usage de faux », « escroquerie », plus d’une trentaine de qualifications étaient retenues pour deux des protagonistes.
C’est après le Covid que l’affaire démarre. Un propriétaire de haras, sis du côté de Sylvain-les-Moulins, dans l’Eure, et une de ses employés de l’époque s’adonnent à l’achat et la revente de chevaux. Dans leur majorité, les équidés proviennent de Hongrie.
Rapidement certains acheteurs mécontents sont identifiés. Le plus souvent, ils sont dans l’incapacité d’enregistrer leurs chevaux auprès de l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE) comme leur impose la loi. De fait, les documents présentés sont faux. Ces états de faits répétés, avec quelque 200 chevaux au total concernés, mettent la puce à l’oreille de l’IFCE. Une enquête est alors diligentée.
Des peines de prison requises
Lors de l’audience de mardi, chacun apporte plus ou moins d’explications.
Pour Mélanie Massif, la substitut du procureur de la République, les prévenus sont coupables. Toutefois, la représentante du ministère public introduit certains bémols lors de ces réquisitions. Allant même jusqu’à demander la relaxe pour des faits qui ne sont pas matérialisés. La substitut a requis des peines d’emprisonnement de 12, 7 et 5 mois, toutes assorties de sursis intégral.
Côté défense, les conseils ont insisté les unes comme les autres sur la « non-intentionnalité » des faits reprochés et sur l’absence d’éléments matériels.
Pour le verdict, il faudra maintenant patienter. Le jugement a été mis en délibéré. La décision finale sera rendue le 9 avril à 13 h 30.