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Un vibrant hommage à Simon Igel, rescapé d'Auschwitz... |
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Ils étaient nombreux à vouloir rendre un dernier hommage à Simon Igel, samedi matin, à l'église.
Simon Igel, rescapé d'Auschwitz, s'est éteint le 7 février dernier. Une cérémonie d'hommage était organisée, hier matin, à l'église, de Chanu, commune où il a vécu une trentaine d'années.
« Au revoir Simon. » Ils étaient nombreux à s'être donné rendez-vous dans l'église de Chanu, pour lui rendre un dernier hommage. Déporté à l'âge de 16 ans, Simon Igel a passé deux ans de sa vie à Auschwitz III avant d'être libéré par les Anglais, le 15 avril 1945. Depuis plus de trente ans, il témoignait auprès des jeunes générations et leur transmettait un message de paix.
La cérémonie à l'église
Patrick Igel, son fils unique, épaulé de Thierry Aubin, le maire, s'était chargé de l'organisation de cette cérémonie civile. « Par respect pour les personnes de toutes les confessions qui pourraient s'étonner ou plus, en raison de son appartenance à une famille juive, que la cérémonie ait lieu dans une église, je précise que mon père était non pratiquant et d'un grand oecuménisme pour toutes les religions », a expliqué Patrick Igel.
Françoise Comte, ancienne résistante et déportée, s'est adressée une dernière fois à son « cher camarade de déportation », saluant, comme tous, son engagement et la nécessité de son action. « Te voici parti dans ce monde dont on ne sait rien, comme on ne savait rien du monde dans lequel on nous emmenait. Au revoir Simon », a-t-elle conclu, un sanglot dans la voix. Un autre de ses amis, faisant référence à son livre Matricule 157 085, a déclaré, au cours d'un long et émouvant hommage : « Simon Igel n'était pas qu'un matricule mais un grand homme. »
De nombreux élus étaient présents et se sont exprimés. Laurent Beauvais, président de la région Basse-Normandie, s'est appuyé sur une citation de Primo Lévy pour rappeler l'importance du devoir de mémoire, « parce que ce qui est arrivé peut recommencer ». Thierry Aubin a dépeint « quelqu'un qui aimait bien plaisanter, rire. Quelqu'un de bon », ayant mené « un combat pour la tolérance et le respect entre les hommes ».
Patrick Igel a clôturé la cérémonie en saluant la mémoire de son père mais également de ses parents et de ses frères, tués dans les camps de concentration. Il leur a dédié et interprété le Libera Me de Gabriel Fauré.
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