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Une vraie passion pour le manoir de Cléray... |
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Arnaud et Ida de Chavagnac avec leurs trois enfants devant le manoir vu de la grande cour d'honneur.
Un couple de Parisiens a entrepris de restaurer cette grande propriété située à Belfonds. Elle est proche de l'église de Saint-Latuin, berceau de la chrétienté en Normandie.
C'est une belle demeure entourée de douves, à Belfonds. Sa construction remonte à 1610. Le manoir de Cléray a été racheté il y a 2 ans par Arnaud et Ida de Chavagnac. Ce couple de Parisiens cherchait une résidence secondaire à la campagne. Leur choix s'est porté sur Cléray alors qu'ils n'avaient aucune raison particulière de prendre attache dans l'Orne. Pour la beauté du domaine, pour le plaisir de lui redonner l'éclat qu'il mérite.
Le manoir de Cléray est situé à quelques centaines de mètres de la petite église de Saint-Latuin, du nom du premier évêque de Séez. On distingue toujours les traces du chemin qui, jadis, menait directement du manoir à l'édifice. Dans un passé plus récent, au moment de la Seconde Guerre mondiale, l'abbé Carbonel, le fils du fermier, y a recueilli 95 petits orphelins de Caen.
Arnaud de Chavagnac, ingénieur commercial dans une société de logiciels informatiques et son épouse, analyste financier dans une banque, ont acquis la propriété alors qu'ils n'avaient pas encore la quarantaine. « C'était encore une exploitation agricole il y a quelques années. Quand nous sommes arrivés en août 2006, le manoir était envahi par une colonie de 900 pigeons, raconte Ida de Chavagnac. La restauration va prendre des années mais on se dit que nous avons toute la vie devant nous ».
Le manoir est classé à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques. Mais pas les imposantes dépendances entourant la façade d'arrivée. Un dossier de demande est en cours. Les nouveaux propriétaires ont été séduits par les lignes dépouillées et les nombreuses dissymétries architecturales de l'ensemble. C'est tout le charme de ce domaine de 25 hectares. Ils ont commencé par des travaux de consolidation et par aménager quelques pièces pour disposer d'un minimum de confort. Il n'y avait pas d'électricité.
Éclairées par de hautes fenêtres à l'aplomb des douves, les pierres moyen-âgeuses ne demandent qu'à retrouver leur splendeur d'antan. Le pavillon de gauche s'est effondré dans les années 60. Il a besoin des maçons et des charpentiers. Les propriétaires ont également imaginé des plantations. Leur projet de restauration leur a valu de recevoir dernièrement le prix France Détection des Vieilles maisons françaises. Soit 4 000€. Une belle somme déjà . À relativiser toutefois au regard des plus de 100 000 € déjà dépensés. Et ce n'est que le début. Le prix d'un inhabituel et long rêve familial.
Arnaud TOUCHARD.