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« LOL 2.0 » : un portrait caricatural de la jeunesse, loin de la spontanéité du premier film de Lisa Azuelos... |
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Thaïs Alessandrin-Azuelos dans "LOL 2.0" © Apollo Films
Dix-sept ans après le désormais culte « LOL (Laughing Out Loud) », Lisa Azuelos fait son retour ce 11 février en salles avec «LOL 2.0 ». Avec Sophie Marceau en tête d’affiche, la réalisatrice signe une suite qui se veut dans l’air du temps, mais qui se trompe de cible.
Film doudou de toute une génération, LOL (Laughing Out Loud) sorti en 2008, dressait le portrait d’une jeunesse naïve et désinvolte, où les réseaux sociaux se résumaient à MSN et à Facebook. Bien qu’ancrée dans un microcosme bourgeois, la chorale de personnages aussi drôles qu’attachants avait sû séduire au-delà des barrières sociales.
Dans ce nouveau chapitre version 2026, Lola, l’héroïne du départ devenue trentenaire, est loin du cocon familial. Elle laisse sa petite sœur Louise prendre le relais sur l’histoire. Difficilement incarnée par Thaïs Alessandrin-Azuelos - la fille de la réalisatrice -, la jeune femme de 25 ans perd ses repères lorsque son copain la quitte et que ses projets professionnels dégringolent. Elle retourne alors vivre chez sa mère (Sophie Marceau), qui la prévient d’emblée : il faudra lui verser un loyer si elle veut rester dans la grande maison familiale, située en plein cœur de Paris. Le ton est donné.
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« LOL », c’était mieux avant
Depuis la sortie du premier film, les téléphones et les réseaux sociaux sont devenus omniprésents dans nos quotidiens. Phénomène que la réalisatrice illustre en déversant un flot de vidéos TikTok à l’écran, que Louise scrolle inlassablement. Cet effet de style meuble les vides narratifs de son récit, tout comme son entêtante playlist musicale, très présente tout au long du film. Parsemé de clins d’œil nostalgiques à la limite de la paresse scénaristique, LOL 2.0 reprend le squelette de son premier volet, quitte à faire redite. On y retrouve une relation mère-fille à la fois tendre et conflictuelle, une bande de copains archétypaux, ainsi qu’une histoire d’amour contrariée. Un récit qui se contente de changer d’époque, sans pour autant réinventer sa recette.
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Au casting de 2026, l’irremplaçable Sophie Marceau incarne à merveille son rôle de maman amoureuse de son célibat, loin d’être prête à devenir grand-mère. Jérémy Capone, alias Maël l’ancien copain de Lola est également au rendez-vous avec son charme immuable. Alexandre Astier, le père des filles, est aussi de retour avec une nouveauté pour le moins curieuse : amoureux, il compte se remarier avec l’ancienne meilleure amie de Louise, qui a l’âge de sa fille. Le très bon Vincent Elbaz, Victor Belmondo en futur père ainsi que l’influenceuse Paola Locatelli viennent compléter la nouvelle équipe.
LOL (Laughing Out Loud) avait aussi son lot de clichés, mais le film n’en demeurait pas moins sincère et juste. Son point de vue tendre et sans jugement pour les adolescents qu’il mettait en scène contribuait à son charme. Dans LOL 2.0, le regard a vieilli. En pensant tout savoir de la génération Z, la réalisatrice vise à côté, et livre un long-métrage qui sonne réac. Tout comme somme sonne faux le jeu de ses jeunes acteurs, qui ne sont malheureusement pas aidés par les dialogues.
En réalité, la comédie de Lisa Azuelos ne s’adresse ni aux ados, ni même à ceux qui ont grandi avec le premier volet. Elle vient chercher les quinquagénaires qui penseront reconnaître leurs enfants dans ces personnages caricaturaux. En revanche, pour la génération de Louise, le malaise est palpable. En conclusion, LOL, c’était drôlement mieux avant.