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Alençon. Dimanche, le public pourra assister aux courses hippiques... |
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Alain Roussel avec son petit-fils Andréa, au haras du Pont de Pierre à Semallé, avec Ikelios. © Ouest-France
Après sept mois de courses à huis clos, le public peut enfin revenir sur les hippodromes. Dimanche 30 mai 2021, neuf épreuves de trot auront lieu à l’hippodrome d’Alençon (Orne), avec quelques drivers stars.
Entretien avec Alain Roussel, président de la société des courses hippiques d’Alençon.
Depuis le 30 octobre 2020, les courses se déroulaient à huis clos. Sept mois plus tard, jour pour jour, les Alençonnais pourront revenir à l’hippodrome.
Cela nous fera un bien fou ! Car des courses hippiques sans public, c’est affreux, on s’est parfois demandé ce qu’on faisait là… On aura neuf courses de trot, dont une de trot monté. Les courses reine seront le prix Séché environnement (16 h 30) et le prix du conseil régional de Normandie (15 h).
Quelles sont les règles sanitaires en place ?
La jauge maximale autorisée, 1 000 personnes, sera suffisante car en général nous accueillons autour de 600 personnes par réunion. Il y aura du gel à l’entrée, les gens devront bien sûr venir masqués. Le restaurant panoramique ne sera pas ouvert, mais il y aura de la restauration rapide (sandwich buvette) avec des tables de six personnes maximum. Enfin, il n’y aura pas de télévision dans le hall des parieurs, afin d’éviter tout attroupement.
Quelles seront les têtes d’affiche, dimanche ?
Avec Franck Nivard (Manche), Jean-Philippe Dubois (Orne), Yoann Lebourgeois (Calvados) et Yves Dreux (Mayenne), on a un quatuor qui cumule 10 000 victoires !
Cette année 2021 marque vos vingt années de présidence…
Exact ! En 2001, j’avais succédé au chocolatier Jacques Glatigny dont j’étais le vice-président.
Comment l’hippodrome a évolué pendant ces deux décennies ?
Nous avons modernisé les infrastructures. D’abord en rénovant l’ancienne tribune, puis en construisant en 2014 la nouvelle tribune, qui sert aussi de restaurant panoramique. On a désormais 65 stalles, ainsi qu’une piste intérieure pour l’entraînement. L’objectif était de faire classer notre hippodrome en 1re catégorie « piste en herbe », ce qu’on a obtenu en 2020. Notre piste est l’une des plus belles en France.
En 2016, il y a eu l’installation du golf au centre de l’hippodrome
Et cela a également été une réussite, cela donne une autre image de l’hippodrome qui reste ainsi ouvert toute l’année, et non plus seulement pour nos six réunions.
Vous êtes aussi éleveur et entraîneur. Sans le vouloir, vous avez été au centre d’un quiproquo la semaine dernière !
Le site spécialisé Le Trot m’a effectivement mis à l’honneur, soulignant que je venais d’atteindre 1 000 succès en tant qu’entraîneur… Mais pour une raison que j’ignore, leurs statistiques démarrent en 1982, alors que j’avais déjà dix ans de carrière ! En fait je dois être tout près des 1 500 succès.
Comment avez-vous pris la chose ?
Avec le sourire. Ces 1 500 victoires, c’est une certaine fierté, ça montre qu’on n’a pas travaillé dans le vide. Surtout qu’il y a 150 succès en Groupes (NDLR : les courses les plus prestigieuses), dont vingt Groupes 1.
Quel est votre meilleur souvenir de carrière ?
Avoir remporté cinq fois le prix de Cornulier (NDLR : le championnat du monde de trot monté), quatre fois en tant qu’entraîneur et une fois comme propriétaire éleveur. En 1998, un de nos meilleurs chevaux, Dream With Me, a remporté le Cornulier avec un de mes fils, François, sur la selle, puis le prix de Paris avec mon autre fils, Nicolas, au sulky !
La plus grande déception ?
Le prix d’Amérique 1990. J’avais pris un bon départ, Reine du Corta, la meilleure jument que j’ai entraîné, était en forme et le podium était vraiment à notre portée, mais j’avais été gêné par Ourasi, en route vers son quatrième prix d’Amérique, ce qui m’a fait mettre au galop…
Depuis quand êtes-vous installé près d’Alençon ?
Cela fera cinquante ans l’an prochain… Je suis à Semallé depuis la fin 1972, j’avais 22 ans. Au haras du Pont de Pierre, nous avons 45-50 trotteurs à l’entraînement, sur 80 ha.
Et autant à Mieuxcé ?
Le haras du But, c’est le domaine de mon épouse, Nicole, qui s’occupe de notre structure d’élevage, avec une trentaine de poulinières, soit vingt poulains par an, là aussi sur 80 ha. En tout, nous avons une dizaine de salariés. Notre élevage tient la route : depuis vingt ans, on fait partie des vingt meilleurs de France, on a même fait partie du top 10 (NDLR : selon les gains obtenus par les chevaux issus de cet élevage).
À 71 ans, vous drivez encore ?
Toujours un peu, seulement des jeunes chevaux de notre élevage, que j’ai envie de voir en course.
C’est quoi, l’avenir de l’écurie Roussel ?
On a quelques bons 3 ans, mais aussi un yearling issu de Ready Cash avec Valse de Rêves, une de nos bonnes juments. Nous aussi, on rêve (sourire) ! Côté driver, notre petit-fils Andréa, apprenti jockey à l’école de Grosbois, débutera les courses en septembre. Il a bientôt 16 ans, c’est la relève !
Dimanche 30 mai 2021, hippodrome d’Alençon. Début des opérations à 13 h 30. Entrée 5 €, gratuit jusqu’à 16 ans et aux personnes en situation de handicap.