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6 Nations. Iyogun, Matiu, Hennessey… Quels sont les meilleurs jeunes à suivre en 2026 ?... |
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Emmanuel Iyogun sera un des anglais à suivre du Tournoi des 6 Nations. © Getty Images via AFP
Le Tournoi des 6 Nations représente toujours une belle vitrine pour les jeunes internationaux de briller aux yeux du grand public. L’année 2026 ne sera pas une exception avec de nouveaux joueurs prêts à éclore au haut niveau. Emmanuel Iyogun, Temo Matiu, Louie Hennessey… Découvrez les futures stars du rugby international.
À l’heure où certaines sélections partent dans le zig et reviennent dans le zag, mettent de côté certains cadres pour des raisons inavouées et en sélectionnent d’autres sur des critères difficilement compréhensibles, plusieurs jeunes talents internationaux toquent à la porte de la plus grande compétition continentale. La professionnalisation du rugby et l’intensification de la préparation physique ont le mérite de préparer les jeunes pousses au haut niveau dès le plus jeune âge.
Être majeur de quelques mois ne pose plus aucun problème pour revêtir une tunique nationale, et le large vivier européen nous offre de merveilleuses raisons de se brancher devant notre poste de télévision à chaque début de mois de février. L’occasion rêvée de découvrir des joueurs déjà élevés au rang de pépite, destinés, pour certains, à briller très haut.
La relève Edwin Edogbo dans la cage de l’Irlande
Les supporters français n’avaient peut-être jamais entendu parler de lui avant la dernière journée de la phase de poules de la Champions Cup. C’est désormais chose faite. Edwin Edogbo, deuxième ligne puissant du Munster, a inscrit un doublé contre le Castres Olympique le 17 janvier, même s’il n’a pas pu empêcher la défaite des siens, et a (enfin) dévoilé son plein potentiel sur la scène européenne.
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Le golgoth d’1,96 m pour 127 kg n’a jamais connu de cape avec le XV du Trèfle - même s’il a été convoqué en novembre mais avait dû renoncer pour cause de blessure qui l’a gêné pendant près de deux ans - mais possède un profil intéressant.
Né dans la ville portuaire de Cobh en Irlande, Edogbo, d’origine nigériane, a rejoint l’académie du Munster en 2021 avant d’intégrer l’équipe professionnelle en 2024. Et son profil a rapidement attiré l’attention du staff irlandais, à juste titre. Dans les pas de Joe McCarthy, le Munsterman est un des joueurs les plus puissants de son pays à son poste. Andy Farrell pourrait bien le lancer dans le grand bain contre la France, le 5 février. Histoire de pouvoir se mesurer aux ogres Emmanuel Meafou et Mickael Guillard.
Temo Matiu, l’heure de la révélation
À l’Union Bordeaux-Bègles, les trois-quarts sont les véritables stars. Damian Penaud, Louis Bielle-Biarrey, Yoram Moefana… Les lignes arrières brillent chaque week-end et font parler d’elles. Et pourtant, il ne faut pas se contenter d’admirer les gazelles qui galopent sur les quatre coins du terrain pour repérer des talents à Chaban-Delmas. Plus proche des gros, un jeune Biarrot d’origine explose au haut niveau et montre au grand jour un potentiel décelé dès le plus jeune âge.
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Temo Matiu a déjà 24 ans, certes, mais il fait partie des joueurs prêts à découvrir le niveau international. Troisième ligne centre au profil athlétique - il a déjà été appelé avec l’équipe de France à sept et a joué à l’aile avec Biarritz - le Bordelais enchaîne les titularisations cette saison (12/16 matches, 75 %). Si son nom vous dit peut-être quelque chose, vous avez certainement en mémoire celui de son père, Legi, deuxième ligne néo-zélandais devenu international français (2 sélections en 2000).

Temo Matiu lors du match de Top 14 contre le Racing 92 le 14 septembre 2025. ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
Mais Temo est bien plus qu’un fils de, il est véritablement la relève à un poste qui cherche à structurer l’après Grégory Alldritt, qui n’a pas été sélectionné par Fabien Galthié pour préparer le match contre l’Irlande. Lui le passionné et talentueux basketteur - il a même été repéré par la sélection néo-zélandaise lorsqu’il est allé dans le pays d’origine de son père - pourrait jouer un rôle crucial en sortie de banc, parmi les fameux « finishers ». Il devra attendre la rencontre face au pays de Galles, au moins, pour espérer porter le maillot des Bleus.
Louie Hennessey, le talent que le pays de Galles attend
Les apparences peuvent parfois être trompeuses. Derrière le visage juvénile et la bouille innocente de Louis Hennessey (21 ans, 1,91 m, 105 kg), se cache un formidable talent gallois, figure (peut-être) d’un renouveau attendu avec impatience par une sélection qui n’avance plus. Tout le contraire de lui sur un terrain, d’ailleurs, avec les numéros 12 ou 13 dans le dos. Reconnu comme un centre « puissant et technique » en 2022 – alors qu’il n’avait que 18 ans – par le média spécialisé NextGenXV , Hennessey a toujours été dans les radars des joueurs à part.

Louie Hennessey avec le maillot de Bath. DAN ISTITENE / Getty Images via AFP
Celui qui a notamment été formé au Collège Hartpury (Angleterre) a ensuite rejoint les jeunes de Bath. D’abord appelé pour un contrat à court terme pour pallier quelques blessures, il fait ses preuves dans une des meilleures équipes du pays depuis deux ans. Louie Hennessey – capé à 17 reprises avec les moins de 20 ans du pays de Galles, mais jamais avec les A – s’est fait remarquer en inscrivant un essai contre Toulon en Champions Cup en décembre. La découverte du niveau international sera un véritable révélateur.
Le moment est venu pour Emmanuel Iyogun
Il y a des trajectoires qui se fient parfois au destin. Comme si la finalité était connue dès le début. Emmanuel Iyogun (25 ans), seulement âgé de 14 ans lorsqu’il commence le rugby après avoir joué au foot, savait certainement qu’il avait des prédispositions faites pour briller avec un ballon ovale entre les mains. Originaire du Nigeria, né en Espagne et de nationalité anglaise – pays dans lequel il a grandi – ce pilier massif d’1,90 m pour 120 kg est un joueur doué et acharné.
Un talent brut rapidement repéré par Northampton et une éthique de travail remarquable. Il révèle en 2022 pour le Telegraph ingérer 5 000 calories par jour, avec des shakers de protéines consommés dès 4 h du matin. Loin d’être un hasard, alors, de le voir débuter chez les pros dès l’âge de 19 ans. Le finaliste de la dernière Champions Cup (défaite contre l’UBB) n’a pas encore été sélectionné avec le XV de la Rose (après avoir connu les – de 20 ans et l’équipe B) mais il pourrait inscrire son nom parmi les nouvelles stars de la next gen anglaise.