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À Argentan, qu’est devenu le footballeur Félix Curtius ?... |
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Félix Curtius travaille comme brancardier à l’hôpital d’Argentan depuis 1988. © Ouest-France
Mémoires sportives. Tous les vendredis, Ouest-France part à la recherche d’un ou une athlète, ayant marqué les années 1990 à 2005. Rencontre avec une ancienne gloire du football argentanais.
On lui en parle encore aujourd’hui, vingt-six ans après. Félix Curtius a joué pendant une vingtaine d’années en tant que défenseur central au club de football d’Argentan. Il était dans le onze type, lors de l’épopée d’Argentan en Coupe de France, en 1998. Le club se fait sortir en huitièmes de finale face au RC Lens, qui évoluait alors en Ligue 1.
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Les années sont passées, mais les souvenirs sont intacts pour l’ancienne gloire argentanaise. C’était incroyable. La semaine avant le match, la ville était en feu.
Mais ce n’est pas tant le parcours footballistique du petit poucet de la compétition qui rend fier Félix Curtius, mais tout ce qu’on a créé autour. Nous avons rassemblé près de 20 000 personnes dans un stade. Tout le département, voire la Normandie, était derrière nous. Même les clubs rivaux nous encourageaient. Il n’y avait pas de couleurs de peaux, pas de religions différentes, tout le monde était uni
, déclare-t-il, avec la même émotion qu’à l’époque.
Savoir s’arrêter à temps
S’il a joué à un très bon niveau de football, jusqu’à la troisième division, Félix Curtius n’a jamais vécu financièrement de sa passion. J’avais mon métier de brancardier à l’hôpital d’Argentan à côté
, explique-t-il, poste qu’il occupe toujours actuellement.
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À 40 ans, il décide de raccrocher les crampons et de tourner une page de sa vie, sans regrets. Je ne prenais plus de plaisir à jouer. Ce n’était plus la même génération de joueurs, plus les mêmes dirigeants. Il faut savoir s’arrêter. Et puis je voulais profiter davantage de ma famille.
Il l’avoue, aujourd’hui il ne suit plus tellement le FC Argentan, mais il se sent peiné de voir la difficulté dans laquelle se trouve le club. « Il faut une remise en question générale et que tout le monde ait le même objectif pour redresser la barre, des joueurs aux dirigeants, exprime l’ancien footballeur, sans vouloir donner aucune leçon de morale. »
Six heures de sport par semaine
Félix Curtius, aujourd’hui âgé de 59 ans, n’a pas perdu son goût pour le football, et plus généralement pour le sport : Je fais environ six heures de sport par semaine. Je joue encore au football tous les jeudis soir. Nous avons monté une équipe avec des salariés de l’hôpital d’Argentan et nous organisons des matchs face à d’autres entreprises de la ville. Ce n’est que du loisir, j’ai assez donné dans la compétition.
Et chez les Curtius, le sport, c’est essentiel. Le fils a suivi les traces de son père, en intégrant à 17 ans le centre de formation du Stade Malherbe de Caen. S’il n’a pas percé en tant que footballeur, il est désormais éducateur de football à Vitré (Ille-et-Vilaine) où il s’épanouit pleinement
. Le football, c’est de génération en génération dans la famille.