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Alençon. Un vent de fronde souffle sur la piscine... |
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Confrontée à une baisse des entrées depuis deux ans et à une pétition d’usagers qui dénoncent des dysfonctionnements, la SARL Orion, dont le contrat actuel arrive à échéance à la fin de l’année, est candidate à la reprise de la gestion de la piscine Alencéa. © Archives Ouest-France
Alors que le contrat d’exploitation doit être renégocié en fin d’année avec la société qui gère la piscine, Alencéa enregistre depuis deux ans une chute sévère du nombre d’entrées liée au Covid 19. Elle est également confrontée aujourd’hui à une grogne des usagers qui pointent plusieurs dysfonctionnements.
Le chiffre est éloquent ! Entre 2019 et 2020, frappée par plusieurs mois de fermeture à cause de la pandémie de Covid 19, la piscine Alencéa a vu sa fréquentation chuter vertigineusement et passer de 186 000 à 80 000 entrées.
L’année 2021 ne devrait pas non plus pouvoir renflouer la trésorerie de la SARL Orion, qui gère depuis dix ans la piscine et la patinoire, des délégations de service public qui lui ont été octroyées par la Communauté urbaine d’Alençon (CUA).
Heureusement, la collectivité, qui verse déjà à l’exploitant près de 600 000 € par an a, en partie, comblé contractuellement ce manque à gagner, en piochant 73 000 € de plus dans sa poche pour l’année 2020.
Autre éclaircie : les chiffres de la saison estivale (juillet et août) 2021 qui, avec 22 500 entrées, vont un peu faire oublier le bouillon de 2020 (16 000 entrées) sans réussir pour autant à rattraper l’année 2019 d’avant Covid (36 000 entrées).
Une pétition
À trois mois de la renégociation du contrat de cinq ans pour la gestion de la piscine et de la patinoire, la SARL Orion a confirmé par la voix de son directeur local être sur les rangs pour cette reprise.
« Le choix du délégataire retenu par la collectivité sera présenté lors d’un conseil communautaire en décembre », précise Alain Gallerand, directeur général des services à la CUA, sans préciser si d’autres sociétés sont sur les rangs.
Alors qu’un nouveau bassin de 25 mètres doit entrer en fonction en novembre prochain, Alencéa est aujourd’hui également confrontée à une toute autre actualité : la grogne des usagers.
Depuis quelques semaines, une pétition, qui a déjà recueilli une soixantaine de signatures, circule dans les rangs des baigneurs et des baigneuses qui pointent plusieurs dysfonctionnements.
Hammam et sauna en panne
« Nous, usagers, abonnés, visiteurs, portons à votre connaissance notre mécontentement quant à vos prestations proposées contractuellement, souligne le document destiné à la CUA qui égrène les raisons de cette colère. Sauna en panne pendant quatre semaines cette année. Hammam en panne pendant six semaines. Bassin de relaxation du spa jamais ouvert, porte du sauna qui ne ferme pas depuis plusieurs mois… »

Faute de personnel, le bassin de relaxation de l’espace bien-être de la piscine reste quasiment tout le temps fermé au public. Ouest-France
Certains se plaignent aussi d’avoir failli se blesser dans le jacuzzi à cause de l’absence de carter de protection en plastique et craignent qu’un carreau de carrelage cassé en bordure du bassin extérieur n’entraîne des accidents.

Certains usagers craignent qu’un carreau de carrelage cassé en bordure du bassin extérieur ne provoque des accidents. Ouest-France
À cela s’est ajouté aussi un manque de personnel qui a conduit, certains jours, à la fermeture du bassin extérieur, en plein été.

Dans le sauna, c’est grâce à une poulie improvisée avec une bouteille d’eau comme poids que la porte peut rester fermée. Ouest-France
Enfin, à l’image du dicton qui veut que les « emmerdes volent toujours en escadrille », il y a une quinzaine de jours, un enfant s’est méchamment ouvert le pied. L’incident, qui a nécessité l’intervention des pompiers, serait lié à un caillebotis en plastique cassé. La blessure a nécessité des points de suture pour la victime.
« L’origine de cet accident n’a toujours pas été déterminée avec précision, explique Rémy Besnard, directeur d’Alencéa. Pour le sauna et le hammam, je comprends que cela agace un peu mais ce sont les fournisseurs, pour cause de Covid, qui ont tardé à nous livrer les pièces. »
Quant au bassin extérieur fermé, « nous avons dû faire face à l’arrêt maladie d’un maître-nageur », poursuit le directeur, qui assure n’avoir aucun souci de personnel. Il se murmure pourtant dans les rangs des salariés que ce ne serait pas du luxe d’embaucher deux à trois personnes supplémentaires.
« Nous seront attentifs au fait que le délégataire que nous choisirons d’ici la fin de l’année puisse maintenir l’équipement en bon état et assurer l’ouverture de toutes les aires qui doivent l’être », prévient Alain Gallerand.