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Au plus vieux haras de France, situé en plein cœur de l’Orne, le cheval est roi... |
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Vue aérienne du haras du pin dans l’orne. © OUEST FRANCE archives
Entre L’Aigle et Argentan, on découvre un château construit sur ordre du Roi Soleil… pour ses chevaux ! Le haras du Pin attire les amoureux des chevaux et des forêts.
La commune du Pin doit sa gloire à Louis XIV ! Parce que ce dernier voulait pouvoir développer ses haras dans un environnement plus adapté qu’à Saint-Germain-en-Laye. Son grand écuyer lui proposa de l’installer près d’Argentan, au Buisson d’Exmes. Le Roi Soleil ne lésina pas sur les moyens pour construire ce nouveau haras et y dépêcha ses meilleurs architectes pour construire des écuries pour deux cents pensionnaires. Et c’est un véritable palais que Louis XV, son successeur, fit construire, le « Versailles » du cheval : un domaine de six cents hectares qui, trois cents ans plus tard, vit toujours pour les chevaux. Ce guide touristique du haras du Pin est issu du livre Week-ends à l’Ouest, paru aux Éditions Ouest-France.
Haras de compétition
Aujourd’hui encore le haras du Pin est un établissement public primordial pour la filière hippique. Plus de cent journées de compétitions s’y déroulent d’avril à octobre : sauts d’obstacles, dressage, concours complets, attelage sportif ou de tradition, amazones, concours d’élevage… On y retrouve de nombreuses disciplines pour tous les niveaux.

Le haras du Pin est un établissement hippique incontournable. archives
Berceau de race
Près d’un millier de juments doivent leur poulain à l’un des trente étalons du Pin. C’est le « berceau de race » du percheron, du pur-sang anglais, du trotteur français et du selle français. De juin à septembre, le jeudi, la présentation commentée des étalons dans la cour d’honneur est un véritable spectacle. Un parcours de découverte permet aussi de mieux connaître le monde du cheval. Derrière la belle façade XVIIIe siècle, ce sont des films, des bornes interactives, des effets d’optiques et même des casques de réalité virtuelle qui vous permettront d’être à cheval au galop, au trot ou en attelage. Autre pensionnaire du haras du Pin, l’âne normand, utilisé autrefois pour le transport du lait en Normandie et les travaux de maraîchage. C’est un âne de petite taille assez trapu à robe bai brune avec une croix de Saint-André sur le dos.

Le haras du Pin a été construit entre 1715 et 1736, sous les règnes de Louis XIV et de Louis XV. archives
Haute voltige
On peut également assister à des spectacles dans le manège d’Aure. Chaque année, des artistes en résidence viennent épauler les agents des haras pour créer de nouvelles mises en scène. Que ce soit du dressage, du jonglage ou de la haute voltige, les cavaliers éblouissent les spectateurs par leur dextérité et leur complicité avec leurs chevaux, à chaque période de vacances scolaires et durant toute la belle saison.
Nouveau village
Même si les constructions du domaine ne furent achevées qu’au début du XIXe siècle, celui-ci est un magistral témoin de l’architecture du Grand Siècle. Pour loger tout le personnel nécessaire à la bonne marche du haras, au milieu du XIXe siècle, on déplaça le village, doté à cette occasion d’une nouvelle église, d’un presbytère, d’une école : un bourg baptisé Le Pin-Fleury. C’est aussi le campus de l’école supérieure du cheval et de l’équitation fréquenté tous les ans par sept cents élèves.
Forêts, jonquilles et camélias…
Tout autour du Pin, les possibilités de balades en forêt sont immenses ! Le mercredi, des promenades en attelage sont organisées. Au rythme des percherons, on découvre les allées cavalières du domaine. On peut aussi aller jusqu’au château du bourg Saint-Léonard. À cette saison, les jonquilles tapissent les sous-bois, en particulier dans la forêt de Gouffern au sud. Au nord, au château de Gacé, c’est le souvenir de l’héroïne d’Alexandre Dumas, la Dame aux Camélias, qui rôde dans les bois…
La boucle du Pin-au-Haras (7Â km, 2Â h)
Balisage : jaune et jaune-rouge
Accès : D’Argentan, empruntez vers l’est la D926 jusqu’au haras du Pin. Garez-vous sur le parking du haras.
Départ : Du parking, rejoignez l’entrée du haras. Dos à l’entrée, longez la départementale à droite. Empruntez la piste qui longe la route. Laissez la route en direction de La Cochère à droite, poursuivez tout droit.
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Cette boucle de 7 km traverse notamment la forêt domaniale du Pin. Alban Le Pape
1. Au carrefour de la Tête-au-Loup, au niveau du restaurant, bifurquez à gauche sur la route de Villebadin. À 300 m, au lieu-dit le Bourg-Maheu, engagez-vous dans le chemin à gauche. Vous montez à travers la forêt domaniale du Pin. Vous traversez deux allées forestières, délaissez les chemins de droite et de gauche, continuez tout droit jusqu’à rejoindre une route.
2. Empruntez-la à gauche sur 400 m. Traversez la D926 et suivez la route en face. Plus bas, à l’intersection, longez la route à droite et, à 200 m, bifurquez dans le chemin carrossable à gauche. Vous descendez et rejoignez la D729.
3. Longez-la à gauche jusqu’au hameau du Vieux-Pin. Le bâtiment, situé dans le village attire la curiosité. Sous le second empire, l’ancienne église Saint-Ouen, désacralisée, fut transformée en écurie et la sacristie fut réhabilitée en réserve à fourrage, graineterie et aire de ferrage. Après l’église-écurie, tournez à gauche et remontez l’allée en herbe qui longe la route jusqu’à rejoindre le haras du Pin.

Après le succès d’Un week-end à … dans les pages du Dimanche Ouest-France, retrouvez toutes les escapades de Marie Le Goaziou dans un grand Ouest fort de ses curiosités… Éditions Ouest-France
Pratique
Où dormir
L’Île de Sées est une ancienne ferme, en pleine campagne. On y est au calme et le restaurant est savoureux. La Tour de Vandel, Macé. Tél. 02 33 27 98 65.
L’hôtel-restaurant Les Champs est un élégant manoir, datant du XIXe siècle, offrant un cadre romantique digne de La Dame aux Camélias… 2, rue du Général-Leclerc, Gacé. Tél. 02 33 39 45 08.
Où manger
La Tête au Loup est le seul restaurant du village du Pin. À la belle saison, on peut déjeuner sur l’herbe. La cuisine traditionnelle met en valeur les produits normands. 61310 Le Pin-au-Haras. Tél. 02 33 35 57 69.