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Avec le prix Paul-Buquet, « l’hippodrome d’Argentan joue en première division ! »... |
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Le numéro 13, « Karnac Wood », vainqueur de la 6e course de trot en catégorie 5 ans. © Ouest-France.
Sous un ciel de novembre bas, pluvieux et gris, et un soleil timide en embuscade, l’hippodrome du pays d’Argentan (Orne) a vécu, dimanche 2 novembre 2025, une journée de courses de trot avec en point d’orgue le prix Paul-Buquet.
Entre parieurs discrets, habitués du dimanche et chevaux impatients, Camille, ambulancière, est venue en spectatrice avec son jeune fils, occupé sur les structures gonflables.  Je ne joue pas, mais j’aime venir pour l’ambiance »,
sourit-elle en ce 2 novembre 2025. L’occasion aussi de saluer ses collègues Véronique et Jonathan, de permanence à l’hippodrome du pays d’Argentan (Orne), situé à Urou-et-Crennes. Véronique précise :  On arrive une heure avant la première course, on repart après la dernière. Les chutes, c’est rare… Un peu plus au galop tout de même : on est là pour les premiers soins.Â
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Un peu plus loin, un couple d’éleveurs venus de Mayenne suit des yeux Lityge de Cym, un cheval de 4 ans qu’ils ont vu naître.  Il ne nous appartient plus, mais on continue à le suivre, c’est notre petit.Â
Le cheval terminera finalement 5e.
Deux juments millionnaires au départ
Dans les tribunes couvertes sur deux niveaux, on peut suivre la course et parier sans bouger, comme le fait Gérard, turfiste,  cinquante ans de jeu au compteur ».
Il confie :  Je mise quatre euros par course, pas plus. Aujourd’hui, j’ai fait chou blanc.Â
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La manifestation se termine par le Prix Paul-Buquet, grande course de novembre créée dans les années 1990 pour lancer la saison d’automne des chevaux huppés : ce dimanche, deux juments millionnaires en gains sont au départ, un système de handicap qui relance le jeu, et la victoire finale du crack du jour, Jango Vici.
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« Nous faisons partie de l’élite des courses »
Derrière cette structure, un homme de 78 ans veille au grain : Jacques Frappat, responsable de l’hippodrome. Avec sa verve et sa passion, il explique l’aspect peu commun des horaires des huit courses du jour (de 11 h 30 à 15 h 30) :  On est tributaires des horaires imposés pour que les parieurs PMU aient une course toutes les quinze minutes. Ce qui fait vivre l’hippodrome, ce ne sont pas les entrées, ce sont les joueurs qui parient partout en France. Les gens pensent qu’en rendant l’accès gratuit, on va attirer plus de monde. Mais les réunions Premium, c’est souvent en semaine en pleine journée, quand les gens travaillent. Ça fait partie du jeu. L’hippodrome d’Argentan joue en première division, comme Bordeaux, Toulouse ou Lille. Et ça, on peut en être fiers. Nous faisons partie de l’élite des courses.Â